En réaction aux phénomènes météoroloqiues extrêmes liés à la chaleur autour du monde, notamment aux épisodes intenses d’incendies, de sécheresses et d’inondations, Marta Schaaf, directrice du programme Justice climatique, économique et sociale et Responsabilité des entreprises à Amnesty International, a déclaré :
« La chaleur extrême n’est pas seulement un phénomène météorologique, elle revêt une dimension politique. C’est le point où le changement climatique, alimenté par la cupidité des entreprises et les défaillances politiques, entre en collision avec les droits, la vie et les moyens de subsistance des populations. Il s’agit d’une urgence en matière de droits humains qui menace les droits à la vie, à la santé, au logement, à l’eau et à l’assainissement, à l’alimentation, à l’éducation et à un environnement sain. Ce n’est pas une catastrophe isolée, mais un facteur qui démultiplie les atteintes aux droits humains. Alors que de nombreux gouvernements et entreprises reviennent sur leurs efforts en matière de lutte contre le changement climatique, de plus en plus de gens à travers le monde sont confrontés à des phénomènes extrêmes liés au changement climatique qui bouleversent leur vie – voire, trop souvent, y mettent un terme.
« Les vagues de chaleur peuvent causer des décès directs, mais elles favorisent aussi les incendies, aggravent la pollution atmosphérique, assèchent les sols et perturbent les régimes des pluies : la sécheresse est encore plus intense dans certaines régions et les inondations deviennent plus dangereuses ailleurs. À ces effets néfastes s’ajoutent les pratiques autoritaires qui contestent la science du climat, restreignent les manifestations, propagent la désinformation sur le climat et permettent aux intérêts puissants liés aux énergies fossiles d’esquiver toute obligation de rendre des comptes.
« Les gouvernements doivent protéger les populations dès à présent grâce à des mesures d’adaptation et à des services publics résilients face au changement climatique, notamment des systèmes d’alerte précoce, des logements sûrs, l’accès à l’eau et des protections contre la chaleur. Il leur faut aussi s’attaquer aux causes profondes de cette crise grandissante. Grâce notamment aux généreuses subventions publiques et au soutien de leurs alliés au sein des gouvernements, les entreprises du secteur des énergies fossiles engrangent des bénéfices, tandis que les populations se retrouvent à payer le prix des dégâts que ces entreprises contribuent à engendrer. Les États doivent appliquer le principe du » pollueur-payeur « , défendre la science du climat et l’espace civique, et mettre en œuvre une sortie progressive des énergies fossiles qui soit complète, rapide, équitable et financée, et qui ne laisse personne sur la touche. »
La chaleur extrême est politique.
Marta Schaaf, directrice du programme Justice climatique, économique et sociale et Responsabilité des entreprises à Amnesty International
C’est le point où le changement climatique, alimenté par la cupidité des entreprises et les défaillances politiques, entre en collision avec les droits, la vie et les moyens de subsistance des populations.
Complément d’information
Selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre de personnes exposées à la chaleur extrême augmente de manière exponentielle en raison du changement climatique dans toutes les régions du monde. Tandis que les températures moyennes grimpent sous l’effet du changement climatique, le risque de températures extrêmes, de vagues de chaleur, d’incendies et de températures record s’accroît.
Des vagues de chaleur de forte intensité ont été signalées ce mois-ci aux États-Unis, en Tunisie, au Moyen-Orient, en Turquie et au Bangladesh, tandis que plus de la moitié de l’Angleterre est officiellement en situation de sécheresse. On enregistre un nombre élevé de décès liés à la chaleur cette année au niveau mondial, tandis que des incendies de grande ampleur font actuellement rage en Europe, en Afrique du Nord et au Canada.


