Hong Kong. La condamnation très sévère de Joshua Wong rappelle le mépris de la ville pour les droits humains

Réagissant à la peine de 10 ans d’emprisonnement prononcée contre le militant hongkongais Joshua Wong pour « collusion avec des forces étrangères », Sarah Brooks, directrice régionale adjointe à Amnesty International, a déclaré :

« La persécution de Joshua Wong par les autorités de Hong Kong se poursuit avec cette nouvelle condamnation prononcée au titre de la Loi sur la sécurité nationale, qui intervient impitoyablement – et peut-être délibérément – quelques mois seulement avant qu’il ne soit éligible à une libération pour sa précédente condamnation.

« Le courage dont fait preuve Joshua Wong en disant la vérité au pouvoir devrait être salué, mais à Hong Kong, cela fait de lui un criminel. La condamnation prononcée aujourd’hui rappelle tristement, une fois de plus, qu’à Hong Kong, la Loi sur la sécurité nationale est devenue un outil utilisé pour punir la dissidence alors qu’elle devrait servir à réellement protéger la sécurité nationale.

« La communauté internationale ne doit pas accepter de voir la criminalisation persistante du militantisme légitime devenir la nouvelle norme à Hong Kong. Les gouvernements doivent continuer de faire pression en faveur de la protection des droits humains et de la libération des personnes emprisonnées uniquement pour avoir exercé leurs droits.

« Amnesty International réitère son appel adressé aux autorités de Hong Kong pour qu’elles annulent les condamnations prononcées contre Joshua Wong au titre de la Loi sur la sécurité nationale, et pour qu’elles abrogent toutes les lois qui violent les obligations internationales de Hong Kong en matière de droits humains. »

Contexte

Joshua Wong a été condamné aujourd’hui, au titre de la Loi sur la sécurité nationale imposée à Hong Kong par Pékin, à 10 ans d’emprisonnement après avoir plaidé coupable de collusion avec des forces étrangères.

Dans le cadre de ce deuxième procès pour atteinte à la sécurité nationale, Joshua Wong était accusé d’avoir conspiré avec le militant en exil Nathan Law et « d’autres personnes non identifiées » entre juillet 2020 et novembre 2020 en vue de demander à des pays ou à des organisations étrangers d’imposer des sanctions ou des blocus ou de mener d’autres activités hostiles contre Hong Kong et la Chine.

Ce militant de premier plan avait été condamné en 2024, dans le cadre du plus grand procès collectif jamais mené jusqu’à présent au titre de la Loi sur la sécurité nationale, à quatre ans et huit mois d’emprisonnement pour « complot en vue de commettre un acte de subversion ». Il faisait partie des 45 figures de l’opposition emprisonnées pour avoir participé à des « primaires » non officielles en 2020, sur la base d’accusations que des expert·e·s des Nations unies ont jugées liées à des activités pourtant protégées par le droit international relatif aux droits humains.

Il allait, en principe, avoir fini de purger cette première peine en janvier 2027.

La situation des droits humains à Hong Kong s’est considérablement détériorée depuis 2020 : Amnesty International a recensé plus de 300 arrestations de personnes accusées d’avoir enfreint la Loi sur la sécurité nationale ou une loi sur la « sédition » datant de l’époque coloniale. De plus, les dispositions relatives à l’Article 23 adoptées par les autorités locales en 2024 ont davantage encore aggravé la répression et réduit au silence les voix de l’opposition dans la ville.