Réagissant aux informations indiquant que la juriste internationale et défenseure des droits humains sud-africaine Navi Pillay a reçu le prix Nobel de la paix 2026, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré :
« Nous rendons hommage à Navi Pillay : son engagement en faveur du droit international, son indépendance inébranlable et son exemplarité morale ont fait d’elle l’une des figures les plus respectées de notre époque dans le domaine des droits humains. Ce prix, qui rend hommage à une personnalité extraordinaire, intervient à un moment où tout ce que Navi Pillay défend fait l’objet d’attaques croissantes, alors que des États puissants tentent de vider l’état de droit de sa substance et de se débarrasser de règles et de normes internationales fondamentales.
Ce prix, qui rend hommage à une personnalité extraordinaire, intervient à un moment où tout ce que Navi Pillay défend fait l’objet d’attaques croissantes, alors que des États puissants tentent de vider l’état de droit de sa substance et de se débarrasser de règles et de normes internationales fondamentales
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International
« Ce prix constitue une reconnaissance du fait que la justice internationale est la pierre angulaire de toute paix durable dans le monde. Alors que la Cour pénale internationale (CPI) fait l’objet de nouvelles attaques, avec de nouvelles sanctions imposées par les États-Unis, ce prix devrait rappeler aux dirigeant·e·s du monde entier le rôle essentiel que la CPI et les autres tribunaux pénaux internationaux ont à jouer dans la recherche de la justice, de la vérité et de la réparation pour les crimes de droit international et les violations des droits humains qui sont perpétrés chaque jour en Palestine, au Soudan, au Myanmar et Ukraine, notamment.
« Dès ses débuts en tant que jeune avocate luttant contre l’apartheid en Afrique du Sud, Navi Pillay a fait preuve d’un courage et d’une humanité qui devraient tous et toutes nous inspirer. Elle a consacré sa vie au combat contre l’impunité des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes de génocide – tout récemment encore, lorsqu’elle a dirigé l’enquête historique des Nations unies qui a conclu qu’Israël était responsable d’un génocide à Gaza.
Alors que la Cour pénale internationale (CPI) fait l’objet de nouvelles attaques, avec de nouvelles sanctions imposées par les États-Unis, ce prix devrait rappeler aux dirigeant·e·s du monde entier le rôle essentiel que la CPI et les autres tribunaux pénaux internationaux ont à jouer dans la recherche de la justice, de la vérité et de la réparation pour les crimes de droit international et les violations des droits humains qui sont perpétrés chaque jour en Palestine, au Soudan, au Myanmar et Ukraine, notamment
Agnès Callamard
« Ce prix amplement mérité décerné à Navi Pillay représente une victoire collective pour toutes les personnes en première ligne dans la lutte pour les droits fondamentaux qui continuent de s’exprimer ouvertement et de défendre la justice, l’obligation de rendre des comptes et l’état de droit. »
Contexte
Navi Pillay a débuté sa carrière d’avocate en défendant des militant·e·s anti-apartheid et elle a été la première femme à ouvrir un cabinet d’avocat·e·s dans ce qui s’appelait alors la province du Natal, en 1967. Elle a ensuite été nommée juge par intérim à la Haute Cour d’Afrique du Sud en 1995 et, la même année, elle a été élue par l’Assemblée générale des Nations unies à un poste de juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda, dont elle a été la présidente pendant huit ans. Elle a également été juge à la Cour pénale internationale de 2003 à 2008. En 2008, Navi Pillay a été nommée haute-commissaire aux droits de l’homme à l’ONU. En 2021, elle a été nommée présidente de la Commission internationale indépendante des Nations unies chargée d’enquêter dans le Territoire palestinien occupé. Elle a supervisé le rapport des Nations unies qui a conclu qu’Israël commettait un génocide à Gaza.


