Réagissant à l’annonce faite par le département d’État des États-Unis, dans une déclaration en date du 16 septembre, indiquant qu’il avait, pour la deuxième année consécutive, interdit à la délégation de haut niveau de l’État de Palestine, notamment au président palestinien, Mahmoud Abbas, d’assister à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, la directrice générale des recherches, de l’élaboration des lignes de conduite, du travail de plaidoyer et des campagnes à Amnesty International, Erika Guevara Rosas, a déclaré :
« Le département d’État des États-Unis doit revenir sur son refus d’accorder des visas à une délégation de haut niveau de l’État de Palestine qui compte assister à la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. La déclaration du département d’État le montre clairement : cette décision vise à punir l’État de Palestine pour avoir cherché à obtenir justice et la reddition de comptes au niveau international auprès d’institutions internationales telles que la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ). Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une campagne incessante de représailles contre la notion même de justice internationale.
Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une campagne incessante de représailles contre la notion même de justice internationale
Erika Guevara Rosas, Amnesty International
« Le non-respect du droit international, ainsi que les attaques persistantes, notamment au moyen de sanctions unilatérales, contre des personnes ou des organisations de défense des droits humains engagées dans la promotion de la justice internationale, ainsi que le mépris total affiché à l’égard des ordonnances contraignantes et des avis consultatifs de la CIJ, des mandats d’arrêt émis par la CPI et des résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité des Nations unies, portent gravement atteinte à l’ordre juridique international.
“Alors que de plus en plus d’États membres prennent enfin des mesures attendues de longue date – qui restent toutefois très insuffisantes – pour mettre fin au commerce avec les colonies illégales d’Israël, ces États doivent également s’opposer fermement aux tentatives des États-Unis visant à démanteler la justice internationale et le multilatéralisme sur lequel se fonde le système des Nations unies.
« Ce genre de décision, qui constitue une violation flagrante de l’Accord relatif au siège de l’Organisation des Nations Unies, crée un dangereux précédent où les États-Unis profitent de leur statut de pays hôte pour imposer des restrictions arbitraires à la participation à l’Assemblée générale et à d’autres réunions des Nations unies.
« Amnesty International réitère l’appel adressé aux États-Unis pour qu’ils lèvent immédiatement et sans condition les sanctions qu’ils ont imposées concernant la CPI ou contre des personnes et organisations de défense des droits humains qui luttent pour la justice internationale, notamment les sanctions imposées à des juges de la CPI, à des organisations palestiniennes de défense des droits humains et à la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. Au lieu d’affaiblir le droit international, les États-Unis devraient user de leur immense influence pour faire pression sur Israël afin qu’il mette un terme à son occupation illégale du territoire palestinien, démantèle son système d’apartheid et mette fin au génocide qu’il pratique contre les Palestinien·ne·s dans la bande de Gaza occupée. »


