Amnesty International condamne le massacre survenu dans la nuit du 23 au 24 août à Kenscoff, près de Port-au-Prince. Selon les Nations unies, au moins 47 personnes sont mortes et 22 ont été blessées, tandis que des dizaines d’autres auraient été enlevées. Des personnes déplacées par la violence qui avaient trouvé refuge dans une église figurent parmi les victimes.
« Nous sommes malheureusement une nouvelle fois témoins d’un massacre en Haïti. Ceci est un rappel du coût humain dévastateur de l’absence de politiques efficaces de protection de la population. Nous exhortons les autorités haïtiennes et la communauté internationale à redoubler d’efforts afin de protéger la population face à l’intensification de la violence des gangs armés. Les personnes soupçonnées de responsabilité pénale pour ces homicides, enlèvements et autres graves atteintes aux droits humains doivent être identifiées et traduites en justice dans le cadre de procédures équitables », a déclaré Astrid Valencia, directrice adjointe des recherches pour les Amériques à Amnesty International.
Nous sommes malheureusement une nouvelle fois témoins d’un massacre en Haïti. Ceci est un rappel du coût humain dévastateur de l’absence de politiques efficaces de protection de la population.
Astrid Valencia, directrice adjointe des recherches pour les Amériques à Amnesty International
« Le déploiement de renforts et les opérations de sécurité annoncés par le gouvernement doivent avoir pour priorité la protection de la population et des personnes enlevées, et être menés à bien dans le plein respect des droits humains »,a réaffirmé Astrid Valencia.
Le déploiement de renforts et les opérations de sécurité annoncés par le gouvernement doivent avoir pour priorité la protection de la population et des personnes enlevées, et être menés à bien dans le plein respect des droits humains
Astrid Valencia, Amnesty International.
« L’enlèvement de personnes et les menaces pesant sur leur vie aggravent encore davantage une situation déjà terrifiante. Les gangs armés doivent libérer immédiatement et sans condition toutes les personnes enlevées, et mettre fin aux homicides, kidnappings et autres attaques visant la population. Les autorités haïtiennes doivent adopter toutes les mesures à leur disposition, tout en respectant pleinement les droits humains, afin de protéger la vie et l’intégrité des personnes ainsi retenues. »
Les Haïtien·ne·s ont le droit de vivre sans éprouver la peur constante de se faire tuer, enlever ou d’être forcés à fuir leur domicile. Comme nous l’avons signalé de manière répétée à la suite d’autres massacres comme ceux survenus à Cité Soleil, Labodri et Petite-Rivière de l’Artibonite, le risque élevé que de nouveaux homicides soient commis persistera tant que l’on n’adoptera pas de mesures urgentes et durables afin de protéger les communautés et de rompre le cycle de la violence et de l’impunité. La communauté internationale doit épauler les autorités haïtiennes de manière urgente et soutenue, afin qu’elles honorent leur obligation de protéger la population et garantissent la justice pour ces crimes », a déclaré Astrid Valencia.


