Haïti. Les attaques de drones soulèvent de graves préoccupations en matière de droits humains et mettent les enfants en danger

En réaction aux derniers chiffres publiés par le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) sur le nombre de morts et de blessés au cours des opérations de sécurité menées contre les gangs armés en Haïti, notamment au cours d’attaques de drones qui seraient parfois effectuées par une société militaire privée, Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International, a déclaré :

« L’utilisation de drones armés dans des zones urbaines densément peuplées crée un précédent inquiétant en Haïti et expose la population, en particulier les enfants, à un danger direct. Elle donne probablement lieu à des exécutions extrajudiciaires. Les autorités haïtiennes doivent empêcher leur usage illégal et préciser qui déploie ces drones et dans quel cadre juridique. »

L’utilisation de drones armés dans des zones urbaines densément peuplées crée un précédent inquiétant en Haïti et expose la population, en particulier les enfants, à un danger direct.

Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International

Dans une déclaration publique, Amnesty International a dénoncé le fait que cette nouvelle forme de violence aggrave la crise qui frappe déjà durement les enfants en Haïti. D’après le rapport qu’elle a publié en février 2025, les enfants sont recrutés par les gangs criminels, victimes de violences sexuelles et d’homicides, et privés d’accès à l’éducation, aux soins de santé et à la protection la plus élémentaire.

« Utiliser des drones armés de manière indiscriminée contre des enfants est choquant et d’une grande cruauté, a déclaré Ana Piquer. L’État haïtien doit protéger les enfants, et non les exposer à de nouvelles formes de violence en recourant à des technologies meurtrières. Tandis que les ressources sont consacrées à la militarisation, des millions d’enfants vivent dans la peur, ont faim et ne peuvent pas aller à l’école. Il faut placer la protection des enfants au cœur de toute réponse à la crise que traverse le pays. »

L’État haïtien doit protéger les enfants, et non les exposer à de nouvelles formes de violence en recourant à des technologies meurtrières. Tandis que les ressources sont consacrées à la militarisation, des millions d’enfants vivent dans la peur, ont faim et ne peuvent pas aller à l’école. Il faut placer la protection des enfants au cœur de toute réponse à la crise que traverse le pays.

Ana Piquer, Amnesty International