L’accord UE-Turquie porte un coup sans précédent à certains droits

Le « double langage » collectif des dirigeants européens ne parvient pas à dissimuler la foule de contradictions caractérisant l’accord conclu entre l’Union européenne et la Turquie sur la manière de faire face à la crise des réfugiés, a déclaré Amnesty International vendredi 18 mars.

« Le “double langage” dans lequel baigne cet accord ne suffit pas à masquer l’acharnement de l’Union européenne à tourner le dos à la crise mondiale des réfugiés, et à faire sciemment fi des obligations qui sont les siennes en vertu du droit international », a déclaré John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Les engagements à respecter le droit international et la législation européenne ressemblent à s’y méprendre à une couche de sucre enrobant la capsule de cyanure que la protection des réfugiés en Europe vient d’être forcée à avaler.
John Dalhuisen, directeur du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International

« Les engagements à respecter le droit international et la législation européenne ressemblent à s’y méprendre à une couche de sucre enrobant la capsule de cyanure que la protection des réfugiés en Europe vient d’être forcée à avaler. »

« Les garanties selon lesquelles le droit international sera scrupuleusement respecté sont incompatibles avec le renvoi proposé vers la Turquie de l’ensemble des migrants arrivant en situation irrégulière sur les îles grecques à compter de dimanche 20 mars. La Turquie n’est pas un pays sûr pour les réfugiés et les migrants, et tout processus de retour partant du principe qu’elle l’est sera déficient, illégal et immoral, quelles que soient les garanties imaginaires précédant ce résultat annoncé. »