Indonésie. Les coups de bâton infligés à deux hommes homosexuels constituent un acte de cruauté scandaleux

En réaction à l’annonce selon laquelle, dans la province de l’Aceh, en Indonésie, deux hommes ont été frappés à coups de bâton à 83 reprises  pour avoir eu des relations sexuelles, le directeur adjoint du bureau régional d'Amnesty International pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique, Josef Benedict, a déclaré :

Ce spectacle écœurant, qui a eu lieu devant plus de mille spectateurs moqueurs, est un acte de la plus grande cruauté.
Josef Benedict, directeur adjoint du bureau régional d'Amnesty International pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique

« Ce spectacle écœurant, qui a eu lieu devant plus de mille spectateurs moqueurs, est un acte de la plus grande cruauté. La vie privée de ces deux hommes a été bafouée, ils ont été pris au piège à leur propre domicile ; cette "punition" avait pour but de les humilier et de les blesser physiquement. »

« Les autorités de l’Aceh et de l’Indonésie doivent immédiatement abroger la loi imposant ce châtiment, qui constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant et s’apparente à de la torture. »

« Ce type de châtiment et la pénalisation des relations homosexuelles violent de manière flagrante le droit international relatif aux droits humains. La communauté internationale doit inciter fermement l’Indonésie à mettre œuvre un environnement plus sûr pour toutes les personnes LGBTI avant que la situation ne se détériore davantage. Personne de devrait être puni pour des relations sexuelles consenties. »

Complément d’information

Les deux hommes ont été arrêtés le 28 mars 2017 et inculpés de relations homosexuelles consenties (liwath), au titre du Code pénal islamique de la province de l’Aceh.  Le 17 mai, ils ont été condamnés à 85 coups de bâton chacun par le tribunal de Banda Aceh appliquant le droit musulman (charia) ; le nombre de coups a été un peu réduit parce que les deux hommes avaient passé deux mois en détention.

La charia est appliquée en Aceh depuis l’adoption de la Loi spéciale relative à l’autonomie, en 2001, et les peines sont prononcées par des tribunaux islamiques.

C’est la première fois que des hommes homosexuels sont frappés à coups de bâton au titre de la charia dans cette province.

Le Code pénal indonésien (KUHP) n’érige pas en infraction les relations homosexuelles consenties.