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Gaza ne doit pas être coupé du monde

Dans la matinée de ce vendredi 25 janvier, les autorités égyptiennes ont commencé à déployer des efforts pour refermer la frontière avec Gaza. Cette initiative intervient trois jours après que des activistes palestiniens ont ouvert des brèches dans le mur qui marque la frontière entre Gaza et l’Égypte, permettant ainsi à des centaines de milliers de Gazaouis de se rendre en Égypte pour y acheter des vivres, des médicaments, du carburant et d’autres biens de première nécessité. La frontière entre Gaza et l’Égypte était fermée depuis juin 2007, ce qui signifie que le million et demi de Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, pour la plupart dans une pauvreté abjecte provoquée par le blocus israélien, étaient quasiment emprisonnés dans ce territoire. Amnesty International a déclaré que l’Égypte avait le droit de sécuriser sa frontière mais qu’il serait inacceptable de revenir à une situation dans laquelle la frontière entre l’Égypte et Gaza, seul point de passage des Gazaouis vers le monde extérieur, serait complètement fermée, comme ce fut le cas pendant sept mois. « Quel que soit l’accord auquel parviennent les gouvernements israélien et égyptien, l’Autorité palestinienne et le gouvernement de facto du Hamas à Gaza au sujet de la gestion de la frontière, cet accord doit respecter totalement les droits fondamentaux de la population gazaouie, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Et en particulier les droits des Gazaouis à ne pas être victimes de sanctions collectives, notamment de restrictions arbitraires de la liberté de mouvement, du droit à la santé et du droit à un niveau de vie suffisant. » Amnesty International a également demandé que les personnes nécessitant d’urgence des soins médicaux ne pouvant être prodigués à Gaza soient autorisées à quitter rapidement Gaza – il ne faut pas les laisser mourir faute de soins. Une quarantaine de patients sont décédés ces derniers mois après qu’Israël leur eut refusé l’autorisation de sortir de Gaza. « Les habitants de Gaza doivent être autorisés à quitter Gaza selon des voies normales, sans avoir à dépendre de mesures relevant de circonstances extraordinaires, telles qu’une brèche dans le mur de clôture. Ils ne devraient pas avoir à courir le risque de ne pas pouvoir rentrer chez eux dans le cas où la frontière serait de nouveau fermée alors qu’ils sont à l’étranger pour recevoir des soins hospitaliers dont ils ont absolument besoin », a ajouté Malcolm Smart. Les brèches ouvertes dans le mur entre Gaza et l’Égypte ont fait suite au durcissement, la semaine dernière, du blocus déjà très sévère imposé par les autorités israéliennes à Gaza. Les biens même les plus essentiels tels que le carburant et l’aide humanitaire ne pouvaient entrer à Gaza. Les réserves de médicaments ont rapidement commencé à s’épuiser et la seule centrale électrique de Gaza a dû fermer le 20 janvier, faute de carburant. En raison de la baisse des réserves d’électricité, les hôpitaux de Gaza n’ont pu continuer à fonctionner qu’à l’aide de groupes électrogènes et ont dû renoncer à assurer la plupart de leurs services. Le personnel rencontrait des difficultés pour se rendre au travail car les pénuries d’essence perturbaient les transports. Après la fermeture de la centrale électrique, les autorités israéliennes ont autorisé que des réserves de carburant soient livrées à Gaza mardi 22 janvier, ce qui a permis à la centrale de redémarrer, même si elle ne tourne pas à plein régime. Cependant, la situation reste critique et les coupures d’électricité vont probablement se poursuivre. Le problème des hôpitaux reste une urgence car les réserves de carburant viennent à manquer et l’incertitude règne dans ce domaine. Le fait que les hôpitaux dépendent fortement des groupes électrogènes pendant les coupures de courant a provoqué une augmentation du nombre de pannes de générateurs à une période où il est difficile voire impossible, à cause du blocus, de se procurer des pièces détachées. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à l’hôpital européen de Gaza et à l’hôpital Nasser de Khan Younis, tous les soins à l’exception des urgences et des soins intensifs doivent être suspendus en cas de coupure d’électricité. « Les hôpitaux ont besoin d’un approvisionnement électrique continu et de solutions de secours adéquates en cas d’incident. Ils ne peuvent pas se contenter d’une électricité fournie au compte-gouttes ni travailler en se demandant si cette dernière ne sera pas coupée arbitrairement à titre de représailles pour des événements extérieurs », a déclaré Malcolm Smart. Les hôpitaux de Gaza manquent de personnel et d'équipements spécialisés pour traiter un certain nombre d'affections telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires. C’est pourquoi Amnesty International continue d’appeler Israël à autoriser un accès rapide à des soins médicaux pour les personnes nécessitant d’urgence un traitement non disponible à Gaza. L’organisation demande à l’Autorité palestinienne et aux gouvernements égyptien et jordanien d’aider à faciliter l’accès de ces patients à des soins médicaux, et aux autorités égyptiennes de veiller à ce que les forces de sécurité déployées à la frontière n’aient pas recours à une force excessive contre les habitants de la bande de Gaza qui franchissent ou qui tentent de franchir la frontière.