Sri Lanka. Après la libération sous caution de Hejaaz Hizbullah, les autorités doivent réviser tous les cas de «terrorisme»

Réagissant à l’information selon laquelle Hejaaz Hizbullah, un avocat et prisonnier d’opinion sri-lankais, a été libéré sous caution lundi 7 février après avoir passé presque deux ans en détention provisoire, en vertu de la draconienne loi sri-lankaise relative à la prévention du terrorisme (PTA), Yamini Mishra, directrice pour l’Asie du Sud à Amnesty International, a déclaré : 

« La décision du tribunal d’accorder la libération sous caution à Hejaaz Hizbullah est une évolution positive. Depuis son arrestation en avril 2020, le parquet n’a eu de cesse de porter des accusations sans fondement contre lui. Hejaaz Hizbullah est un avocat respecté et un militant en faveur des droits des minorités qui n’aurait jamais dû être placé en détention.   

« Cette avancée survient deux mois après que les autorités ont également libéré sous caution Ahnaf Jazeem, un poète incarcéré pendant 19 mois au motif que ses poèmes et enseignements étaient susceptibles de semer la “discorde au sein de la société”. Si nous nous réjouissons des évolutions enregistrées dans ces cas, des centaines d’autres personnes se trouvent toujours en détention pour des charges liées au “terrorisme”, que les autorités ont invoquées à de nombreuses reprises afin de s’en prendre à des groupes minoritaires et des opposant·e·s.

« Les autorités sri-lankaises doivent garantir que toutes les personnes encore détenues en vertu de ce texte aient accès à des audiences équitables de mise en liberté sous caution, et libérer celles qui n’ont pas été inculpées d’infractions reconnues par le droit international. Elles doivent aussi abroger la PTA et instaurer un moratoire immédiat sur son utilisation, car diverses tentatives de modification de cette loi se sont avérées vaines. »

Complément d’information 

Amnesty International a recueilli de nombreuses informations non seulement sur les cas d’Hejaaz Hizbullah et d’Ahnaf Jazeem, mais également sur la marginalisation et la discrimination accrues visant la communauté musulmane du Sri Lanka, et le fait qu’elle soit généralement de plus en plus souvent prise pour cible. 

Ahnaf Jazeem a été arrêté en mai 2020 mais a seulement été libéré sous caution en décembre 2021. Lorsqu’il était en détention, les autorités lui ont fait signer des déclarations dans une langue qu’il ne comprend pas et ont essayé de lui extorquer des « aveux » par la force.