Turquie. Les autorités doivent faire ce qui est juste et libérer Osman Kavala

À la veille de l’ouverture du procès le 18 décembre 2020 du leader de la société civile incarcéré Osman Kavala, Amnesty International réclame sa libération immédiate et inconditionnelle et l’abandon de toutes les accusations portées contre lui.

Plus de trois ans après son incarcération et un an après que la Cour européenne des droits de l’homme a statué qu’il devait être remis en liberté, Amnesty International rappelle aux autorités turques qu’il n’est pas trop tard pour faire ce qui est juste. Acquitté de l’accusation d’organisation et de financement des manifestations du parc Gezi, Osman Kavala est aujourd’hui inculpé d’« espionnage » et de « tentative de renversement de l’ordre constitutionnel », en lien avec le coup d’État manqué de 2016.

Osman Kavala est inculpé de nouvelles accusations infondées et motivées par des considérations politiques, dans le cadre de poursuites qui s’inscrivent dans une initiative plus vaste des autorités turques ayant pour but de réduire au silence la société civile indépendante.
Nils Muižniek

Cette semaine, la Cour constitutionnelle n’a pas rendu son arrêt attendu de longue date concernant la légalité de la détention provisoire d’Osman Kavala, préférant saisir son Conseil général de l’affaire. C’est la deuxième fois que la Cour constitutionnelle programme la demande d’Osman Kavala et reporte ensuite la décision.

« Osman Kavala est inculpé de nouvelles accusations infondées et motivées par des considérations politiques, dans le cadre de poursuites qui s’inscrivent dans une initiative plus vaste des autorités turques ayant pour but de réduire au silence la société civile indépendante. Osman Kavala, qui n’aurait pas dû passer une seule minute derrière les barreaux, est depuis plus de trois ans maintenu en détention provisoire.

« Cette année, Osman Kavala a été acquitté d’un chef d’inculpation, pour se voir très rapidement accusé d’" espionnage " dans le cadre d’une manœuvre à peine déguisée visant à contourner l’arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme qui avait statué que sa détention était illégale.

« La seule décision utile qui puisse ressortir de l’audience de demain est un jugement qui permette de mettre fin à cette parodie de justice, de faire ce qui est juste et de libérer Osman Kavala. »