Réagissant aux informations faisant état d’une attaque perpétrée le 28 septembre par des membres du gang armé Kokorat San Ras à Gros-Morne, dans le département de l’Artibonite, au cours de laquelle au moins 11 personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées, Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International, a déclaré :
« Une fois de plus, une localité haïtienne est endeuillée à la suite d’une violente attaque perpétrée par des gangs armés. Les homicides commis à Gros-Morne révèlent une réalité insupportable : alors que la violence continue de s’étendre au-delà de Port-au-Prince, la population paie de sa vie le prix d’une crise qui ne cesse de s’aggraver.
Les homicides commis à Gros-Morne révèlent une réalité insupportable : alors que la violence continue de s’étendre au-delà de Port-au-Prince, la population paie de sa vie le prix d’une crise qui ne cesse de s’aggraver.
Ana Piquer, directrice pour les Amériques à Amnesty International
« Les autorités haïtiennes doivent mener une enquête efficace sur ces homicides et traduire en justice, dans le cadre de procès équitables, tous les individus soupçonnés d’en être pénalement responsables. Les gangs armés doivent immédiatement cesser de se livrer à des homicides, des enlèvements et d’autres exactions contre la population. »
Selon les informations disponibles, l’attaque a eu lieu à la suite d’une opération menée par la Force de répression des gangs (FRG), une force multinationale d’appui à la sécurité approuvée par les Nations unies en 2025, contre les positions de Kokorat San Ras dans la région. Des membres du gang auraient ensuite attaqué la population, par représailles. Le 29 septembre, le Conseil de sécurité des Nations unies a prolongé le mandat de la FRG pour six mois, jusqu’au 31 mars 2027.
« Le renouvellement du mandat de la FRG ne suffit pas à lui seul pour protéger la population haïtienne. Les engagements pris par la communauté internationale doivent de toute urgence se traduire par une réponse efficace et durable axée sur la protection des droits fondamentaux de la population, avec une attention particulière accordée aux enfants.
Les engagements pris par la communauté internationale doivent de toute urgence se traduire par une réponse efficace et durable axée sur la protection des droits fondamentaux de la population, avec une attention particulière accordée aux enfants.
Ana Piquer, Amnesty International
« Les initiatives régionales déployées pour faire face à la crise doivent également inclure la protection des Haïtiens et Haïtiennes qui ont été contraints de quitter le pays. Il existe une profonde incohérence lorsque des gouvernements, tels que ceux de la République dominicaine et des États-Unis, appellent les Nations unies à une réponse internationale plus forte pour protéger la population haïtienne, tout en continuant à procéder à des expulsions collectives vers Haïti dans le contexte de cette crise dévastatrice en matière de droits humains et de sécurité.
« Les États doivent suspendre les renvois forcés vers Haïti et garantir un accès effectif aux procédures d’asile et à la protection internationale, dans le plein respect du principe de « non-refoulement ». Les gouvernements ne peuvent pas dire devant les Nations unies qu’Haïti est confronté à une situation d’urgence nécessitant des mesures extraordinaires, tout en renvoyant des personnes affronter ces mêmes dangers », a conclu Ana Piquer.


