Koweït. Cinq personnes pendues dans le cadre d’une frénésie d’exécutions qui a débuté en 2022

En réaction à la pendaison de cinq personnes par les autorités koweïtiennes le 27 juillet 2023, dont une pour une infraction liée à la législation sur les stupéfiants, Rawya Rageh, directrice adjointe par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International, a déclaré :

« Le gouvernement du Koweït a d’ores et déjà exécuté une dizaine de personnes en moins d’un an, revendiquant une approche intransigeante envers le crime qui se prête aux pires instincts de l’homme. Le recours à la peine capitale pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants constitue une violation du droit international, qui interdit d’appliquer ce châtiment pour de telles infractions.

« Il est très décevant de constater que le Koweït reprend les exécutions avec une telle vigueur, d’autant qu’il les avait interrompues pendant cinq ans, depuis 2017.

« Il n’existe aucune preuve crédible que ces exécutions menées par l’État aient un effet plus dissuasif sur la criminalité que les peines d’emprisonnement. Amnesty International demande aux autorités koweïtiennes d’instaurer sans délai un moratoire officiel sur les exécutions, en vue d’abolir la peine capitale. »

Il n’existe aucune preuve crédible que ces exécutions menées par l’État aient un effet plus dissuasif sur la criminalité que les peines d’emprisonnement. Amnesty International demande aux autorités koweïtiennes d’instaurer sans délai un moratoire officiel sur les exécutions, en vue d’abolir la peine capitale.

Rawya Rageh, directrice adjointe par intérim du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International

Complément d’information

Le 27 juillet, le Bureau du procureur général du Koweït a annoncé sur Twitter que les cinq personnes exécutées étaient : Abdul Aziz al Mutairi, ressortissant koweïtien reconnu coupable de meurtre avec préméditation ; Gamal Ibrahim, ressortissant égyptien déclaré coupable de meurtre avec préméditation ; Ahmad Shibrim, décrit comme un « résident illégal » et reconnu coupable de meurtre avec préméditation ; Abdul Rahman Saud, également qualifié de « résident illégal » et déclaré coupable d’avoir facilité la logistique pour l’attentat-suicide du 26 juin 2015 contre la mosquée chiite Imam al Sadeq à Koweït City, qui a fait 26 morts et plus de 200 blessés, et a été revendiqué par l’État islamique ; et Jodi Ravindra, ressortissant sri-lankais déclaré coupable de possession de stupéfiants dans l’intention de faire du trafic et d’usage de substances grisantes et psychotropes. Le terme « résident illégal » est officiellement utilisé au Koweït pour désigner les personnes apatrides natives du pays, couramment appelées les Bidun.

Le Koweït n’a procédé à aucune exécution entre janvier 2017 et le 16 novembre 2022, date à laquelle il a exécuté sept personnes – quatre Koweïtiens, un Syrien, un Pakistanais et une Éthiopienne – affirmant que c’était un moyen de dissuader les criminels de passer à l’acte.

Les exécutions au Koweït s’inscrivent dans le cadre d’une tendance croissante et inquiétante observée dans les pays du Conseil de coopération du Golfe depuis quelques années. L’Arabie saoudite a exécuté plus de 50 personnes depuis le début de l’année 2023, y compris pour des infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Bahreïn a repris les exécutions en 2017 après les avoir interrompues pendant plus de six ans et a ôté la vie à six personnes depuis.