Aftermath of West Kabul bombing © Anadolu Agency / Contributor

Afghanistan. Les homicides de civil·e·s dans le cadre de plusieurs attaques meurtrières doivent faire l’objet d’enquêtes

Les autorités afghanes doivent mener des enquêtes et traduire en justice les auteurs présumés d’une série brutale d’attaques s’apparentant à des crimes de guerre et ayant fait au moins 24 mort·e·s parmi la population civile en un peu plus d’une semaine, a déclaré Amnesty International. 

Mardi 15 juin, cinq professionnel·le·s de santé ont été tués et quatre autres blessés après que des hommes armés ont ouvert le feu sur plusieurs centres de vaccination contre la poliomyélite à travers la ville de Djalalabad, dans la province du Nangarhar. Ces événements sont survenus quelques jours après que l’explosion de deux voitures piégées a tué au moins sept civil·e·s et en a blessé au minimum six autres le 12 juin, dans un quartier de l’ouest de Kaboul où vivent de nombreux membres de la minorité hazara, un groupe persécuté.

« Les attaques visant des civil·e·s se poursuivent sans relâche dans une impunité quasi-totale. À l’heure où les pourparlers de paix vacillent et où les préparatifs du retrait total des forces internationales s’accélèrent, ce sont les civil·e·s afghans qui paient le prix de ce conflit », a déclaré Samira Hamidi, chargée de campagne sur l’Asie du Sud à Amnesty International.  

« Les autorités afghanes doivent mettre un terme au cycle de l’impunité, en diligentant des enquêtes indépendantes dignes de ce nom sur les attaques visant des civil·e·s, notamment celles-ci, et conduire les responsables présumés devant la justice. Nous demandons à toutes les parties au conflit de prendre les mesures requises pour protéger les civil·e·s et respecter le droit international humanitaire. Et nous demandons à la communauté internationale de faire de la protection des civil·e·s et des minorités une composante centrale de son soutien continu au processus de paix. »

Les attaques visant des civil·e·s se poursuivent sans relâche dans une impunité quasi-totale.

Samira Hamidi, chargée de campagne sur l’Asie du Sud à Amnesty International

Les événements de cette semaine font suite à l’homicide de 10 démineurs – parmi lesquels figurait un grand nombre de Hazaras – travaillant pour l’organisation The Halo Trust, dans la province de Baghlan, lors d’une attaque ayant également fait 16 blessés le 8 juin. 

Professionnel·le·s de la santé, travailleurs et travailleuses humanitaires, défenseur·e·s des droits humains et journalistes ont été tout particulièrement pris pour cible dans la vague d’assassinats ayant commencé dès l’ouverture des pourparlers de paix à Doha l’an dernier. Au moins 24 d’entre eux ont été tués depuis janvier 2021 ; deux médecins ont ainsi péri lors d’agressions distinctes dans les provinces de Parwan et de Farah au cours de la semaine écoulée. Exception faite d’un de ces homicides, aucune autre enquête n’a été menée, et personne n’a été conduit devant la justice dans une seule de ces affaires. 

L’attaque de cette semaine visant les centres de vaccination contre la poliomyélite à Djalalabad, qui a mené à la suspension de la campagne de vaccination dans l’est de l’Afghanistan, rappelle un événement survenu en mars, lors duquel trois professionnelles de santé ont été tuées dans la province du Nangarhar. L’Afghanistan et le Pakistan sont les deux seuls pays au monde où la poliomyélite reste endémique.

« Ces derniers mois, nous avons pris connaissance d’attaques épouvantables contre des enfants scolarisés, des professionnel·le·s de santé, des travailleurs et travailleuses humanitaires, et d’autres civil·e·s dans des rues et des marchés très fréquentés. Prendre pour cible des personnels médicaux et humanitaires ainsi que d’autres civil·e·s constitue un crime de guerre », a déclaré Samira Hamidi.