Syrie. Le site novateur « War in Raqqa » désormais disponible en arabe

Un site Web novateur témoignant de l’impact sur les civils de l’opération militaire de la coalition dirigée par les États-Unis à Raqqa, en Syrie, contre le groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI) est désormais disponible en arabe, à l’approche du troisième anniversaire de la fin de l’offensive, le 17 octobre 2017.

Le site interactif War in Raqqa: Rhetoric versus Reality rassemble des photos à 360 degrés, des vidéos, des récits personnels, des images satellites et des plans afin d’exposer la réalité de la campagne de bombardements inconsidérés menée entre juin et octobre 2017 qui a tué et blessé des milliers de civils et détruit la majeure partie de la ville.

À l’aide d’un grand nombre d’éléments recueillis par Amnesty International à Raqqa et d’informations issues de sources libres d’accès compilées par Airwars, ce site – également disponible en anglais sur raqqa.amnesty.org – permet aux visiteurs de découvrir les effets dévastateurs des milliers de frappes aériennes américaines, britanniques et françaises et des dizaines de milliers de tirs d’artillerie américains sur les civils piégés à Raqqa pendant la guerre.

En lançant à présent le site en arabe, nous voulons contribuer à faire connaître la situation à de nouveaux publics qui méritent de savoir la vérité.
Donatella Rovera, Amnesty International

« Sur le terrain, nous avons vu à Raqqa un niveau de destruction incomparable à celui que nous avons pu constater dans toutes les zones de guerre où nous nous sommes rendus depuis des décennies, a déclaré Donatella Rovera, conseillère principale sur la réaction aux crises à Amnesty International, qui était à la tête de l’enquête menée à Raqqa.

« Ce site Web novateur montre aux utilisateurs la réalité de l’opération militaire et de la campagne de bombardements, donne une voix aux familles piégées dans cette ville et présente en détails les effets dévastateurs des bombardements.

« En lançant à présent le site en arabe, nous voulons contribuer à faire connaître la situation à de nouveaux publics qui méritent de savoir la vérité. »

La coalition dirigée par les États-Unis n’a endossé la responsabilité que d’un petit pourcentage des morts de civils à Raqqa et n’a pour l’heure pas encore mené d’enquête de terrain dans cette ville. Les enquêteurs d’Amnesty International, en revanche, ont passé plusieurs mois sur place à étudier plus de 200 sites touchés par des frappes, à recueillir des preuves matérielles et à interroger plus de 400 victimes et témoins.

Durant les bombardements, qui ont duré quatre mois et tué plus de 1 600 civils, environ 80 % de la ville ont été rendus inhabitables selon certaines estimations et Raqqa est généralement considérée comme la ville la plus détruite des temps modernes.