Éthiopie. Il faut démanteler l'unité de police qui tue illégalement des Oromos

Le gouvernement éthiopien doit retirer et démanteler l'unité de police Liyu de la région Somali, dont les membres tuent de manière illégale des Oromos, a déclaré Amnesty International le 31 mai 2018.

Des membres de cette unité, mise sur pied par la région Somali en tant que force spéciale de lutte antiterroriste, ont incendié cette semaine 48 habitations appartenant à des familles oromos qui vivaient dans la région Somali, les contraignant à fuir à Kiro, dans la région Oromia.

Les autorités éthiopiennes doivent démobiliser la police Liyu et remplacer cette unité par des policiers qui respectent le droit international relatif aux droits humains. On ne peut laisser ces policiers arrogants brutaliser les gens à leur guise.
Joan Nyanyuki, directrice régionale d'Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands lacs

« Les autorités éthiopiennes doivent démobiliser la police Liyu et remplacer cette unité par des policiers qui respectent le droit international relatif aux droits humains. On ne peut laisser ces policiers arrogants brutaliser les gens à leur guise », a déclaré Joan Nyanyuki, directrice régionale d'Amnesty International pour l’Afrique de l’Est, la Corne de l’Afrique et les Grands lacs.

Les 23 et 24 mai, l'unité a aussi attaqué quatre quartiers dans le district de Chinaksen dans l'est de l'Oromia, tuant cinq paysans et incendiant une cinquantaine de maisons. Les habitants se sont alors enfuis pour se mettre en sécurité.

Les autorités doivent mettre un terme à ce qui ressemble fort à des violences cautionnées par l'État. Tout d'abord, il faut veiller à ce que le maintien de l'ordre dans l'Oromia se fasse dans le respect des droits fondamentaux. Ensuite, il faut mener des investigations impartiales, approfondies et indépendantes, afin que les responsables présumés de ces attaques rendent des comptes.
Joan Nyanyuki

« Les autorités doivent mettre un terme à ce qui ressemble fort à des violences cautionnées par l'État. Tout d'abord, il faut veiller à ce que le maintien de l'ordre dans l'Oromia se fasse dans le respect des droits fondamentaux. Ensuite, il faut mener des investigations impartiales, approfondies et indépendantes, afin que les responsables présumés de ces attaques rendent des comptes. »

En 2017, les incursions de cette unité dans l'Oromia ont fait des centaines de morts et causé le déplacement de plus d'un million de personnes, d'après un rapport de la Commission nationale éthiopienne de gestion des risques de catastrophe et du Bureau de l'ONU de la coordination des affaires humanitaires.

Amnesty International demande aux autorités éthiopiennes de mettre en œuvre les recommandations du référendum de 2004, qui a voté la démarcation claire de la frontière entre l'Oromia et la région Somali, dans le but de remédier aux causes profondes des tensions qui règnent dans la région.