Irak. La création d’une commission d’enquête sur les exactions commises à Tuz Khurmatu est une avancée prometteuse

En réaction aux informations selon lesquelles le Parlement irakien a voté en faveur de l’établissement d’une commission multiethnique afin d’enquêter sur les événements survenus dans la ville de Tuz Khurmatu, à 65 kilomètres au sud de Kirkouk, Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré :

« La création de cette commission est une évolution positive, qui pourrait non seulement représenter un pas en avant vers la justice pour les victimes de violations à Tuz Khurmatu, mais également avoir un effet dissuasif contre les abus et violations à l'avenir.

« Le 16 octobre 2017, des dizaines de milliers de civils ont été forcés à fuir leur foyer après que de violents affrontements ont éclaté entre les forces gouvernementales irakiennes, soutenues par les Unités de mobilisation populaire, et les peshmergas kurdes. Des centaines d’habitations et de commerces ont été pillés, incendiés et détruits dans des quartiers majoritairement kurdes. En quelques minutes, des milliers de personnes ont perdu leur logement, leur magasin et tout ce qu'elles possédaient.

Le gouvernement irakien doit garantir que l’enquête menée par la commission soit rigoureuse, efficace et transparente
Lynn Maalouf, directrice des recherches pour le Moyen-Orient à Amnesty International

« Le gouvernement irakien doit garantir que l’enquête menée par la commission soit rigoureuse, efficace et transparente, que les victimes reçoivent des réparations complètes, et que les conclusions de la commission soient rendues publiques. Les éléments recevables tendant à attester la responsabilité pénale de telle ou telle personne doivent être transmis à la justice en vue de possibles poursuites. »

« Des familles déplacées vivent dans la peur depuis des mois, sans savoir si elles pourront un jour rentrer chez elles. Les autorités doivent agir rapidement afin d’amener les responsables présumés à rendre des comptes, et de permettre le retour de ces familles à Tuz Khurmatu. »

Complément d’information :

Amnesty International a été l’une des premières organisations à mener une enquête approfondie sur les violations perpétrées à Tuz Khurmatu le 16 octobre et peu après, lorsque les forces irakiennes, soutenues par les Unités de mobilisation populaire, ont pris le contrôle de la ville.

Les Nations unies ont quant à elles effectué deux missions de suivi à Tuz Khurmatu le 7 et le 14 décembre.