Nations unies. Le rapport sur les atteintes sexuelles ouvre la voie à une réforme pertinente

En réaction au rapport annuel du secrétaire général de l’ONU António Guterres sur les dispositions spéciales de protection visant à prévenir l'exploitation et les atteintes sexuelles, rendu public le 9 mars, Joanne Mariner, conseillère en matière de réaction aux crises au sein d'Amnesty International, a déclaré :

« Le secrétaire général de l'ONU António Guterres reconnaît à juste titre que les abus sexuels commis par des soldats chargés du maintien de la paix et d'autres membres du personnel des Nations unies sont des actes cruels et inexcusables qui ternissent la réputation de l'ONU dans son ensemble. Amnesty International salue sa volonté de lancer une vaste réforme afin de mieux remédier à ce fléau.

« Au vu des recherches d'Amnesty International, nous sommes convaincus que l'impunité est un problème majeur qui favorise les atteintes sexuelles. Parmi les soldats de la paix et les membres du personnel de l'ONU soupçonnés de responsabilité pénale pour des crimes de violence sexuelle, rares sont ceux qui risquent véritablement de faire l’objet de poursuites pénales pour ces faits.

« Étant donné cette situation décourageante, nous saluons la proposition du secrétaire général qui consiste à cesser de verser des fonds aux pays qui ne mènent pas d'enquête sur les allégations d'abus visant leurs troupes dans les meilleurs délais, et à réorienter ces sommes vers un fonds d’aide aux victimes. Nous demandons à l'Assemblée générale de l'ONU d'appuyer cette proposition et aux États membres de la mettre en œuvre.

Au vu des recherches d'Amnesty International, nous sommes convaincus que l'impunité est un problème majeur qui favorise les atteintes sexuelles.
Joanne Mariner, conseillère en matière de réaction aux crises au sein d'Amnesty International

« Nous sommes toutefois préoccupés par l’insuffisance de pression exercée sur les États membres pour s’assurer que les actes d'abus sexuels fassent l'objet d'enquêtes et de poursuites équitables.

« Amnesty International considère comme positives d'autres mesures annoncées par le secrétaire général, notamment la nouvelle orientation visant à donner du pouvoir aux victimes, les contrôles plus stricts des employés de l'ONU, la création d'un poste de défenseur des droits des victimes, l'élaboration d'un " protocole spécial " visant à prévenir l'exploitation et les abus sexuels, l'extension du poste de coordonnateur spécial pour l'amélioration de la réponse de l'ONU à l'exploitation et aux atteintes sexuelles, la mise en place d'un " cercle de dirigeants " composé de chefs d'État, et la création d'un conseil consultatif spécial composé de personnalités de premier plan issues de la société civile et d'experts, chargé de formuler des recommandations afin de prévenir ces abus.

« Nous sommes impatients d'engager le dialogue avec l'ONU et ses États membres pour faire en sorte que ce vaste programme de réforme puisse se concrétiser, en s'appuyant sur les ressources et la volonté politique requises. »