France. Les autorités doivent apaiser les tensions et protéger le droit de réunion pacifique lors des manifestations lycéennes prévues le 6 octobre

Les autorités françaises doivent respecter leurs obligations en matière de droits humains et mettre fin à la réponse policière disproportionnée observée ces derniers jours dans le cadre des manifestations lycéennes, a déclaré Amnesty International à la veille des manifestations nationales prévues le 6 octobre 2026.

« Alors que des mineur·e·s et des jeunes s’apprêtent à descendre dans les rues partout en France, les autorités doivent assurer leur sécurité, et protéger et faciliter l’exercice de leur droit de manifester pacifiquement. Toute intervention de maintien de l’ordre doit être légale, nécessaire et proportionnée, et il importe d’éviter tout recours injustifié et excessif à la force, a déclaré Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France.

Les mineur·e·s et les jeunes qui revendiquent pacifiquement leur droit à l’éducation doivent être protégés, et non frappés, exposés à des gaz lacrymogènes ou placés en détention arbitraire.

Anne Savinel-Barras, présidente d’Amnesty International France

« Les images et les témoignages largement relayés au cours de la semaine dernière soulèvent de vives inquiétudes quant à l’utilisation dangereuse par la police de gaz lacrymogènes, de matraques et de techniques de contrainte. On a observé des tirs de grenades lacrymogènes imprudents, ainsi que des tirs de balles en caoutchouc qui ont causé des blessures graves.

« Les autorités doivent veiller à ce que toute intervention face aux manifestations soit nécessaire et proportionnée, et à ce que les mineur·e·s et les jeunes qui revendiquent pacifiquement leur droit à l’éducation soient protégés, et non frappés, exposés à des gaz lacrymogènes ou placés en détention arbitraire. Elles doivent donner la priorité à l’apaisement des tensions et prendre toutes les mesures de précaution possibles pour éviter d’avoir à recourir à la force. »

 

Complément d’information 

Depuis le 21 septembre 2026, des lycéennes et lycéens de toute la France descendent dans la rue pour réclamer le respect de leur droit à l’éducation : leurs revendications portent notamment sur l’augmentation du nombre d’enseignant·e·s, des classes moins chargées et des établissements scolaires décents. Les manifestations se sont heurtées à un recours à la force injustifié et disproportionné de la part de la police, qui a notamment fait un usage illégal de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc. Le ministère de l’Intérieur a annoncé que plus de 5 000 manifestant·e·s ont été arrêtés, dont 85 % sont des mineur·e·s.

Le 27 octobre, le Sénat examinera un projet de loi qui vise à rendre les participant·e·s à un rassemblement ayant entraîné des dégâts matériels financièrement responsables pour un montant maximal de 10 000 €, et ce même en l’absence de preuves attestant qu’ils ont personnellement causé ces dommages, y ont contribué ou ont incité à les commettre.