États-Unis. Après la tentative ratée d’exécution, le Tennessee doit pour commencer commuer la peine capitale de Christa Pike

Réagissant au maintien insensé de la peine capitale par l’État du Tennessee et à la tentative d’exécution de Christa Pike, Justin Mazzola, directeur adjoint de la recherche à Amnesty International États-Unis, a déclaré :

« La tentative d’exécution ratée de Christa Pike par le Tennessee représente une manifestation extrême de cruauté et nous rappelle une fois de plus que la peine de mort est le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit.  

« Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, avait le pouvoir d’empêcher cette exécution. Pourtant, il a choisi, de manière effroyable, de ne pas le faire. Pour aggraver encore les choses, l’État du Tennessee s’est empressé de poursuivre la procédure d’exécution alors même qu’une cour d’appel avait prononcé un sursis temporaire afin d’avoir le temps d’examiner les allégations selon lesquelles les graves violences sexuelles et traumatismes subis par Christa Pike durant son enfance n’avaient pas été suffisamment présentés lors de son procès. Les choses n’auraient jamais dû en arriver là. 

« C’est la deuxième fois en moins de cinq mois que le Tennessee rate une exécution, Tony Carruthers ayant subi le même sort en mai. Le Tennessee présente de nombreux antécédents d’exécutions ratées, et ses autorités ont en outre procédé à des exécutions en entourant de secret la procédure d’injection létale. Cette extraordinaire démonstration de cruauté montre parfaitement pourquoi la peine de mort doit être immédiatement abolie. Il n’existe aucun moyen humain pour l’État de tuer une personne. Le système de la peine de mort est irrémédiablement défaillant. Il constitue une violation des droits humains, et aucun gouvernement ne devrait avoir le pouvoir de l’appliquer.   

« Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a déclaré qu’il allait suspendre toutes les exécutions, mais cela est loin d’être suffisant. Il doit accorder la grâce à Christa Pike et à toutes les autres personnes condamnées à mort, et commuer leurs peines. Il doit également instaurer un moratoire illimité sur toutes les exécutions, pas seulement pour quelques mois. Les terribles événements du 30 septembre doivent inciter à œuvrer avec davantage encore de détermination pour que l’État du Tennessee abolisse la peine de mort une fois pour toutes.  

« Alors que la peine de mort continue de reculer partout dans le monde, les États-Unis se retrouvent de plus en plus isolés. Il est grand temps que le Tennessee et les États-Unis cessent d’exécuter des personnes sous le prétexte de rendre justice, et qu’ils relèguent ce châtiment cruel dans les livres d’histoire. » 

Complément d’information sur le recours à la peine capitale aux États-Unis 

Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception, indépendamment des questions relatives à la culpabilité ou à l’innocence et quelles que soient la personne accusée et la nature du crime commis. 

En 2025, les États-Unis ont procédé à 47 exécutions dans 11 États, un chiffre qui n’avait plus été atteint depuis 2009. La Floride a été à l’origine de cette hausse avec 19 exécutions. Suivent la Caroline du Sud, le Texas et l’Alabama, avec cinq exécutions dans chacun de ces États. Les autres États ayant recouru à la peine capitale sont le Tennessee (3), l’Arizona (2), l’Indiana (2), le Mississippi (2), l’Oklahoma (2), le Missouri (1) et la Louisiane (1). Les États-Unis figuraient parmi les cinq pays ayant procédé au plus grand nombre d’exécutions en 2025. 

Depuis le début de 2026, 29 exécutions ont eu lieu aux États-Unis, et le Tennessee a exécuté 11 personnes depuis 2018. À ce jour, 113 pays ont aboli la peine de mort pour toutes les infractions et 145 sont abolitionnistes en droit ou en pratique.