Cinq victoires pour les droits des femmes

Les droits des femmes et des filles sont au cœur de nos activités. Voici quelques victoires auxquelles nous avons contribué récemment, aux côtés de nombreux militant·e·s locaux qui ont fait campagne sans relâche pour obtenir ces résultats.

Une femme avec un bébé au dos verse du grain. Scène de la vie quotidienne dans le village de Labien, au Burkina Faso (juin 2018). Une femme avec un bébé au dos verse du grain. Scène de la vie quotidienne dans le village de Labien, au Burkina Faso (juin 2018).
Une femme avec un bébé au dos verse du grain. Scène de la vie quotidienne dans le village de Labien, au Burkina Faso (juin 2018). © Sophie Garcia | hanslucas.comSophie Garcia www.sophiegarcia.net

Contraception gratuite et victoire contre les mariages forcés au Burkina Faso

À compter du 1er juin 2019, les contraceptifs et les consultations de planning familial seront gratuits au Burkina Faso. L’État a annoncé cette mesure en décembre 2018, en réaction directe à la pétition Mon corps, mes droits que nous avions lancée en 2015 et à notre manifeste sur les droits humains appelant à l’instauration d’une telle mesure. La gratuité des contraceptifs apportera un changement considérable dans la vie de femmes comme Korotimi. « On n’a pas toujours de quoi payer la contraception, avait-elle déclaré lorsque nous lui avions parlé en 2015. C’est comme ça que je me suis retrouvée avec huit enfants. » Une fois ces obstacles financiers éliminés, les femmes auront plus facilement accès au contrôle des naissances et davantage de prise sur ce qui concerne leur corps. Toujours en réponse aux appels d’Amnesty International, le Burkina Faso a étendu la possibilité d’engager des poursuites judiciaires en cas de mariage forcé en reconnaissant légalement les mariages traditionnels (qui constituent la majorité des mariages forcés) et non plus seulement les mariages civils.© Jeff J Mitchell/Getty Images

Une femme lève les bras en signe de triomphe lors d’une manifestation célébrant le résultat positif du référendum sur la réforme de la législation relative à l’avortement en Irlande. Une femme lève les bras en signe de triomphe lors d’une manifestation célébrant le résultat positif du référendum sur la réforme de la législation relative à l’avortement en Irlande.
Une femme lève les bras en signe de triomphe lors d’une manifestation célébrant le résultat positif du référendum sur la réforme de la législation relative à l’avortement en Irlande. © Jeff J Mitchell/Getty Images

Le droit à l’avortement en Irlande

Depuis janvier 2019, les femmes ont enfin accès à l’avortement en Irlande. Le référendum historique de mai 2018 a représenté une immense victoire pour les droits des femmes. Son incroyable résultat a permis de lever l’interdiction de l’avortement inscrite dans la Constitution : la loi permet désormais d’interrompre une grossesse jusqu’à la 12e semaine, et plus tardivement dans des circonstances exceptionnelles. C’est le fruit d’années de travail acharné mené par des militant·e·s, y compris d’Amnesty International. En 2015, nous avons lancé la campagne Ce n’est pas une criminelle. Nos recherches, notre militantisme et nos activités de plaidoyer ont contribué à convaincre les pouvoirs publics de programmer le référendum et de promulguer la nouvelle loi. Notre campagne a également ouvert un espace où les femmes pouvaient faire part de leur expérience au sujet de l’avortement, ce qui les a aidées à se défaire du sentiment de honte et de la stigmatisation associés à l’avortement dans ce pays. Elle a encouragé un dialogue fort qui a permis de catalyser le débat sur l’avortement en Irlande, ce qui a abouti à un renforcement de la protection dont bénéficient les femmes.© AI Australia© AI Australia

Un oiseau malade manifeste contre les violences faites aux femmes sur Internet devant le siège de Twitter, en Australie (20 mars 2018). Toxic Twitter Un oiseau malade manifeste contre les violences faites aux femmes sur Internet devant le siège de Twitter, en Australie (20 mars 2018). Toxic Twitter
Un oiseau malade manifeste contre les violences faites aux femmes sur Internet devant le siège de Twitter, en Australie (20 mars 2018). Toxic Twitter © AI Australie

La toxicité de Twitter mauvaise pour les affaires

Dans le cadre de notre campagne #ToxicTwitter, lancée en mars 2018, nous avons montré que les violences perpétrées sur cette plateforme avaient de graves répercussions sur le droit des femmes à la liberté d’expression, en particulier pour les femmes de couleur, les femmes lesbiennes, bisexuelles, transgenres et intersexuées, et d’autres femmes victimes de discrimination intersectionnelle. À la suite de notre rapport, Twitter a apporté des améliorations à sa politique relative aux comportements haineux ; ces modifications étaient principalement axées sur l’interdiction des « propos déshumanisants » et, pour la première fois, la plateforme a accepté de publier des données sur la manière dont elle fait respecter ses propres règles, en réponse directe à nos appels. Toutefois, Twitter n’ayant toujours pas publié les données ventilées, nous avons pris les choses en main et lancé Troll Patrol, un projet de recherche novateur et participatif destiné à révéler l’ampleur et la nature des violences faites aux femmes sur Internet. En collaboration avec des experts techniques et plus de 6 500 militant·e·s de plus de 150 pays, nous avons créé le plus grand ensemble de données participatif concernant les violences faites aux femmes sur Internet. Nos constatations, publiées en décembre 2018, étaient choquantes. Sur Twitter, une femme subissait des violences toutes les 30 secondes. Les femmes noires étaient 84 % plus exposées aux tweets violents que les femmes blanches. Une fois de plus, la toxicité de Twitter a fait les gros titres lorsque nos constatations ont provoqué l’effondrement de ses actions en quelques jours, ce qui a incité encore davantage la plateforme à répondre à nos appels.© Sergio Ortiz/Amnesty International

Une femme brandit une affiche en faveur des droits des femmes à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, à Mexico (2017). Une femme brandit une affiche en faveur des droits des femmes à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, à Mexico (2017).
Une femme brandit une affiche en faveur des droits des femmes à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, à Mexico (2017). © Sergio Ortiz/Amnesty International

Un jugement marquant en matière de violences sexuelles au Mexique

En novembre 2018, la Cour interaméricaine des droits de l’homme a rendu un jugement dans l’affaire concernant 11 femmes qui avaient été rouées de coups, harcelées et violées par les forces de sécurité au Mexique, après avoir été arrêtées lors de manifestations en mai 2006. Bien que les autorités mexicaines aient admis que les agents avaient eu recours à une force excessive, elles ont nié le caractère systématique de ces pratiques et rejeté la responsabilité sur des individus. Cependant, la Cour ne partageait pas cet avis : elle a estimé que l’État mexicain était responsable. Par ailleurs, elle a indiqué clairement que les violences sexuelles infligées aux victimes relevaient de la torture. Amnesty International soutient ces femmes depuis qu’elle a recueilli des informations sur les violences qu’elles ont subies et a lancé une campagne internationale, en 2006. Le jugement rendu est non seulement une victoire pour elles mais constitue aussi un précédent sur lequel les autres victimes de violences liées au genre commises par les forces de sécurité mexicaines peuvent s’appuyer.

La question du consentement en Islande et en Suède

Le 1er juillet 2018, la Suède a adopté une nouvelle loi reconnaissant qu’un rapport sexuel sans consentement est un viol. Ce texte représente un grand pas en avant pour les femmes, soutenu par le mouvement #MeToo et impulsé par les campagnes que mènent depuis des années les organisations de défense des droits des femmes, comme le groupe local Fatta. Amnesty International aussi a joué un rôle dans ce changement capital, en suivant et en mettant en évidence les lacunes de la législation relative au viol en Suède et dans d’autres pays du nord de l’Europe. La Suède a été le huitième pays d’Europe de l’Ouest à adopter des textes fondés sur le consentement, dans le sillage de l’Islande. Alors que des militant·e·s, notamment d’Amnesty International, continuent de se battre pour le « oui », le Danemark s’apprête à suivre la tendance et les autorités de pays tels que la Finlande, la Grèce, l’Espagne, le Portugal et la Slovénie envisagent également de procéder à des modifications.