Discrimination

© Amnesty International

Vue d'ensemble

La discrimination frappe au cœur même de ce que cela signifie d'être humain. Elle consiste à traiter une personne différemment simplement en raison de ce qu'elle est ou de ses convictions.

Nous avons tous le droit d'être traités avec égalité, quels que soient notre couleur de peau, notre appartenance ethnique, notre nationalité, notre classe, notre caste, notre religion, nos convictions, notre sexe, notre langue, notre orientation sexuelle, notre identité de genre, notre âge, notre état de santé ou tout autre statut. Et pourtant, trop souvent, nous entendons les histoires déchirantes de personnes qui sont victimes de cruauté pour la seule raison qu'elles appartiennent à un groupe « différent » de ceux qui sont au pouvoir.

Le travail d'Amnesty International est ancré dans le principe de non-discrimination. Aux côtés de populations défavorisées à travers le monde, nous agissons afin de faire changer les lois discriminatoires et de protéger les personnes. Parfois nos victoires sont teintées de tristesse, comme lorsque le Parlement marocain a changé sa loi discriminatoire sur le viol en 2014, de sorte à ce que les violeurs ne puissent plus se soustraire au châtiment en forçant leur victime à les épouser. Cette décision est arrivée deux ans trop tard pour Amina Filali et les proches qui la pleurent. La jeune fille a mis fin à ses jours en 2012 après avoir été forcée à épouser l'homme qui, disait-elle, l'avait violée.

Manifestation de soutien en faveur d'Amina Filali devant le Parlement marocain à Rabat, le 17 mars 2012. © AP Photo/Abdeljalil Bounhar

Les questions qui se posent

Qu'est-ce qui motive la discrimination ?

Il est bien trop facile de priver une personne de ses droits parce qu'on la considère comme un être « inférieur ». Mais comment en arrive-t-on là ? Au cœur de toutes les formes de discrimination se trouvent des préjugés fondés sur une conception de l'identité, et sur le besoin de s'identifier à un certain groupe. L'ignorance, voire la haine peuvent en découler.

Certains gouvernements renforcent leur pouvoir et le statu quo en justifiant ouvertement la discrimination au nom de la « moralité », de la religion ou de l'idéologie. Il arrive que cela soit consacré par le droit national - comme la restriction des libertés des femmes - même si cela constitue une violation du droit international. Certains groupes sont parfois même perçus par les autorités comme plus susceptibles d'enfreindre la loi, simplement en raison de ce qu'ils sont, par exemple pauvres, autochtones ou noirs.

Certains sont directement considérés comme des criminels du fait de ce qu'ils sont, à l'instar des homosexuels. Cela est parfois indirect - par exemple lorsqu'un employeur exige un niveau élevé dans la langue officielle alors que le poste proposé ne le requiert pas.

Dans de nombreux pays, le racisme est favorisé par la montée de la xénophobie face à l’immigration.

Ce que demande Amnesty International

Les gouvernements doivent :

• Abroger les lois discriminatoires et libérer quiconque se trouve en prison à cause d'elles.
• Protéger toutes les personnes - quelles qu'elles soient - de la violence.
• Concevoir de nouvelles lois et créer des institutions qui s'attaquent aux racines de la discrimination.
• Montrer l'exemple - en n'exploitant ni n'utilisant jamais les préjugés discriminatoires de qui que ce soit à des fins politiques.

En savoir plus

Dans certaines situations, la discrimination est telle que les lois ne protègent pas les gens contre les violences racistes, la violence domestique ou les attaques visant leur religion ou leur orientation sexuelle.

Femmes et jeunes filles

La manière dont certaines femmes et filles sont traitées illustre la nature de la discrimination.

Dans beaucoup plus de pays qu'on ne pourrait l'imaginer existent des lois faisant des femmes des citoyennes de seconde zone. Elles ne peuvent pas s'habiller comme elles le souhaitent, conduire (Arabie saoudite) ou travailler la nuit (Chine, Lettonie, Madagascar). Certaines lois discriminatoires ont trait à la vie de famille, notamment celles qui restreignent le droit d'une femme de se marier ou de ne pas se marier, de divorcer ou de se remarier (Afghanistan, Malaisie, Niger et Soudan, pour ne nommer que quelques-uns des pays concernés).

La discrimination n'est pas seulement une absence d'égalité, elle perpétue des torts faits aux femmes. Lorsque l'État minimise les violences contre les femmes en les qualifiant de problèmes privés ou familiaux, il fait clairement passer le message que la violence contre les femmes est tolérée.

Les discriminations contre les femmes sont souvent aggravées par leur appartenance à plus d'un groupe défavorisé, en raison de leurs revenus, couleur de peau, appartenance ethnique, identité sexuelle, caste, religion, classe ou âge. La défenseure des droits humains Bhanwari Devi a été violée par cinq hommes d'une « caste supérieure » en Inde. Lorsque ses agresseurs ont été acquittés deux ans plus tard, le tribunal a observé qu'il n'était pas possible que ces faits aient eu lieu, car il était inconcevable que des hommes d'une haute caste violent une femme d'une caste inférieure.

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Repères

76

76 pays érigent en infraction les actes sexuels entre adultes du même sexe.

10

Dans 10 pays, la peine maximale pour les rapports sexuels entre adultes du même sexe est la peine de mort.

4

Au Canada, le risque d'être victime de meurtre est quatre fois plus élevé pour les femmes autochtones que pour les autres.

1M+

Plus d'un million de personnes dans le monde se sont mobilisées en faveur de la libération de Meriam Yehya Ibrahim en 2014. Cette chrétienne soudanaise avait été condamnée à mort par pendaison pour avoir abandonné sa religion.