Droits des LGBTI
© FRED DUFOUR/AFP/Getty Images

Droits des LGBTI

Partout dans le monde, des personnes sont prises pour cibles en raison de ceux ou de celles qu’elles aiment, de leur façon de s’habiller, et, en définitive, de ce qu’elles sont.

Dans de trop nombreux pays, lorsque l’on est lesbienne, gay, transgenre ou intersexué-e (LGBTI), on s’expose à des discriminations quotidiennes. Cette discrimination peut être fondée sur l’orientation sexuelle (les personnes pour lesquelles on éprouve de l’attirance), l’identité de genre (la façon dont on se définit, quel que soit le sexe biologique), l’expression de genre (la façon dont on exprime son genre par son habillement, sa coiffure ou son maquillage) ou les caractéristiques sexuelles (par exemple, les parties génitales, les chromosomes, les organes reproductifs ou les niveaux d’hormones).

Qu’il s’agisse d’insultes, de harcèlement, mais aussi du fait de se voir refuser un emploi ou des soins de santé adéquats, les différentes inégalités de traitement sont considérables et préjudiciables. Elles peuvent aussi mettre la vie des personnes en danger.

Trop souvent, des personnes LGBTI sont harcelées dans la rue, rouées de coups et parfois tuées, uniquement en raison de leur identité. Une flambée de violence contre les personnes transgenres a fait au moins 325 morts entre octobre 2016 et septembre 2017. De nombreuses personnes intersexuées à travers le monde sont contraintes de subir des opérations chirurgicales dangereuses, invasives et complètement inutiles, qui peuvent avoir des effets secondaires physiques et psychologiques à vie.

Bracelet End Homophobia (« En finir avec l'homophobie ») pour la Journée mondiale de lutte contre le sida à Nairobi, au Kenya, décembre 2010. Bracelet End Homophobia (« En finir avec l'homophobie ») pour la Journée mondiale de lutte contre le sida à Nairobi, au Kenya, décembre 2010.
Deux personnes montrent un bracelet « En finir avec l’homophobie » pour la Journée mondiale de lutte contre le sida à Nairobi, au Kenya, décembre 2010.

Parfois, l’hostilité à l’égard des personnes LGBTI est entretenue par les gouvernements eux-mêmes, alors que leur rôle est de les protéger. En Tchétchénie, une campagne soutenue par le gouvernement a entraîné le harcèlement des hommes gays, dont certains ont été enlevés, torturés et même tués. Au Bangladesh, alors que des militants LGBTI ont été tués à coups de machette par des groupes armés, la police et le gouvernement se sont montrés guère enclins à rendre justice aux familles des victimes. Dans de nombreuses zones d’Afrique subsaharienne, les personnes LGBTI continuent de vivre dans la crainte d’être découvertes, agressées et même assassinées.

Les relations homosexuelles sont érigées en infraction dans 72 pays et sont passibles de la peine de mort dans huit d’entre eux, dont l’Iran, l’Arabie saoudite, le Soudan et le Yémen. Et même lorsque ces lois restrictives ne sont pas appliquées dans les faits, leur existence renforce à elle seule les préjugés contre les personnes LGBTI, en leur donnant l’impression de ne pas être protégées contre le harcèlement, le chantage et la violence.

Comment lutte-t-on contre cette discrimination ?

Les militant-e-s LGBTI surmontent d’énormes difficultés et mettent leur propre sécurité en danger pour dénoncer les atteintes aux droits humains des personnes LGBTI et faire en sorte que les lois qui les discriminent changent. En lançant le concept de marche des fiertés ou encore des journées de prise de conscience mondiale comme la Journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie (également appelée IDAHOTB), les personnes LGBTI établissent des alliances et affirment dans le monde entier qu’elles sont fières de leur identité. Les efforts collectifs d’organisations militantes à travers le monde ont réellement porté leurs fruits. Aujourd’hui, au moins 43 pays reconnaissent les crimes homophones comme une forme de crime inspiré par la haine. En mai 2018, 24 pays ont légalisé le mariage homosexuel.

Définitions : 7 réponses à des questions souvent posées sur les notions LGBTI

Qu'est-ce que l'orientation sexuelle ?

L’orientation sexuelle de quelqu’un fait référence aux personnes qui l’attirent et avec lesquelles il ou elle a des relations. L’orientation sexuelle est personnelle et chacun peut décider, s’il le souhaite, comment la définir. Chez certaines personnes, elle change avec le temps.

On peut citer les orientations sexuelles suivantes : lesbienne (les femmes attirées par les femmes), gay (en général, les hommes attirés par d’autres hommes), bisexuelle (l’attirance pour les hommes et les femmes), pansexuelle (l’attirance pour des personnes, quel que soit leur genre), asexuelle (aucune attirance sexuelle).

La défenseure des droits humains et des droits des LGBTI Marielle Franco. La défenseure des droits humains et des droits des LGBTI Marielle Franco.
Marielle Franco, une défenseure des droits humains bisexuelle brésilienne, s’est battue sans relâche pour les droits des personnes LGBTI, des femmes et des nombreuses victimes de la brutalité policière au Brésil. Elle a été assassinée le 14 mars 2018 alors qu’elle rentrait chez elle après une conférence.

Que signifie « transgenre » ?

Le terme transgenre (ou trans) désigne une personne dont l’identité de genre ou l’expression de genre ne correspond pas aux attentes traditionnellement associées au genre assigné à la naissance.

Toutes les personnes transgenres ne se considèrent pas « homme » ou « femme ». Certaines se définissent comme ayant plusieurs genres, ou aucun.

Certaines personnes trans décident de suivre un processus de transition, qui leur permet de vivre sa vie selon son véritable genre. Les processus de transition peuvent prendre différentes formes. Certaines personnes adoptent de nouveaux pronoms, changent de nom, demandent un changement d’état civil et/ou subissent des opérations chirurgicales d’affirmation sexuelle ou des traitements hormonaux.

Le fait d’être transgenre n'a rien à voir avec l'orientation sexuelle. Un homme trans peut être gay et une femme trans peut être lesbienne.

Où les personnes transgenres peuvent-elles faire reconnaître leur genre à l’état civil ?     

Dans certains pays, les personnes transgenres peuvent obtenir la modification de leur état civil. Cependant, dans la plupart des cas, elles doivent se soumettre à des processus humiliants, notamment un diagnostic psychiatrique et une stérilisation irréversible, des actes qui bafouent leurs droits humains. Dans sept pays seulement, ces procédures n’existent pas : Argentine, Belgique, Colombie, Danemark, Irlande, Malte et Norvège.

Le militant transgenre Sakris Kupila devant une fresque à son effigie réalisée par l'artiste Ricky Lee Gordon Le militant transgenre Sakris Kupila devant une fresque à son effigie réalisée par l'artiste Ricky Lee Gordon
Sakris Kupila est un militant transgenre de Finlande qui se bat pour modifier les lois qui contraignent les personnes transgenres à se faire stériliser avant d’obtenir la reconnaissance de leur genre à l’état civil.

Que signifie « intersexué » ?

On dit d’une personne qu’elle est intersexuée lorsqu’elle est née avec des caractéristiques sexuelles différentes de ce que l’on considère généralement comme « féminin » ou « masculin ». Par exemple, chez certaines personnes, le corps peut présenter des caractéristiques à la fois masculines et féminines. Il arrive également que l’arrangement des chromosomes d’une personne ne soit ni typiquement masculin ni typiquement féminin. Ces caractéristiques peuvent être présentes à la naissance ou devenir plus visibles pendant ou après la puberté.

De nombreuses personnes intersexuées subissent des opérations chirurgicales de « normalisation » invasives, non urgentes et irréversibles, le plus souvent lorsqu’elles sont enfants, mais parfois plus tard. Ces procédures laissent des séquelles physiques et mentales dévastatrices à long terme chez ces personnes.

Où l’homosexualité est-elle érigée en infraction ?

Avoir des relations sexuelles avec un partenaire du même sexe est illégal dans 72 pays. En Éthiopie, en Inde, en Malaisie et dans 11 autres pays, les personnes homosexuelles risquent des peines de prison dont la durée va de 14 ans à la perpétuité. Huit pays punissent l’homosexualité de la peine capitale : l’Afghanistan, l’Iran, l’Irak, la Mauritanie, le Pakistan, l’Arabie saoudite, le Soudan et le Yémen.

Où le mariage homosexuel est-il reconnu ?

En mai 2018, le mariage homosexuel est reconnu dans 24 pays, parmi lesquels l’Argentine, le Canada, l’Irlande, Malte, l’Afrique du Sud et l’Uruguay. Taiwan s’est récemment engagé à dire oui au mariage pour tous, même si la législation correspondante n’a pas encore été adoptée, et Amnesty International demande au Japon de faire de même.

Qu’est-ce que la marche des fiertés ?

La marche des fiertés peut prendre de nombreuses formes différentes, par exemple des carnavals, des projections de films ou des débats. Ce moment de fête célèbre les personnes qui sont marginalisées à cause de définitions strictes des notions de masculinité et de féminité. Des événements ont lieu à différents moments de l’année, selon les régions du monde. En Amérique et en Europe, la saison commence généralement en juin, tandis que les marches des fiertés sont organisées entre février et mars en Afrique du Sud. Quel que soit l’événement, c’est l’occasion pour les personnes LGBTI de montrer qu’elles assument leur identité et en sont fières. Les marches des fiertés sont interdites dans plusieurs pays du monde, notamment en Russie, en Arabie saoudite, en Ouganda et, plus récemment, en Turquie. Ces événements célèbrent le mouvement LGBTI dans toute sa diversité et donnent de l’ampleur aux appels à respecter et à protéger les droits des LGBTI.

Des participant-e-s à la marche des fiertés d’Istanbul en 2014 défilent avec un parapluie aux couleurs du drapeau arc-en-ciel. Des participant-e-s à la marche des fiertés d’Istanbul en 2014 défilent avec un parapluie aux couleurs du drapeau arc-en-ciel.
En Turquie, des militant-e-s organisent la marche des fiertés d’Istanbul et y participent depuis 2003. Mais, en 2016, l’événement a été annulé.

Pourquoi les droits des LGBTI sont-ils importants ?

Chacun devrait pouvoir être fier de ce qu’il est et des personnes qu’il aime. Nous avons tous le droit de nous exprimer librement. L’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (qui définit pour la première fois les droits reconnus à chacun) protège le droit de s’exprimer librement pour tous.

Mettre fin à l’homophobie et à la transphobie permettra de sauver des vies. Le harcèlement contre les LGBTI expose les personnes qui se considèrent comme telles à un risque accru de préjudice physique et psychologique. Toute personne a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité.

Accepter les personnes LGBTI et comprendre leur identité permet d’apprendre à supprimer de nombreux obstacles imposés par les stéréotypes de genre. En définissant et en limitant la façon dont chacun devrait vivre sa vie, ces stéréotypes sont nocifs pour toute la société. S’ils sont supprimés, chacun pourra alors être libre de se réaliser pleinement, sans contraintes sociales discriminatoires.

Les personnes LGBTI, et particulièrement les personnes transgenres et celles qui ne se conforment pas à la norme de leur genre, risquent souvent d’être victimes d’exclusion économique et sociale. En luttant pour des lois plus soucieuses de n’exclure personne, quelles que soient les orientations sexuelles et identités de genre, chacun pourra accéder à ses droits à la santé, à l’éducation, au logement et à l’emploi.

Deux couples gays tiennent un drapeau sur lequel figure « Stop à l’homophobie en Tchétchénie » devant la Tour Eiffel à Paris. Deux couples gays tiennent un drapeau sur lequel figure « Stop à l’homophobie en Tchétchénie » devant la Tour Eiffel à Paris.
Dans le monde entier, des sympathisants d’Amnesty International ont défendu les droits des LGBTI en Russie après avoir appris que des hommes gays avaient été enlevés, torturés et tués en Tchétchénie.

Que fait Amnesty International pour défendre les droits des LGBTI ?

Nous sommes déterminés à nous opposer à la discrimination contre les personnes LGBTI dans le monde. Nous formulons des recommandations aux gouvernements et à d’autres personnalités influentes afin qu’ils améliorent les lois et protègent les droits des personnes, quelles que soient leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Après une campagne mondiale d’Amnesty International, la plus haute juridiction de Taiwan a jugé que l’interdiction du mariage homosexuel était inconstitutionnelle. Quand cette décision sera inscrite dans la loi, Taiwan sera le premier pays d’Asie à reconnaître les mariages homosexuels.

Dans d’autres domaines, notre travail a fortement influencé l’adoption de nouvelles lois autorisant la reconnaissance légale par le gouvernement du véritable genre des personnes, en Grèce, au Danemark et en Norvège.

Bien que le mouvement LGBTI ait fait des progrès indiscutables, il reste encore beaucoup à faire. Amnesty International aide des militant-e-s du monde entier à créer des ressources sur divers problèmes qui affectent les personnes LGBTI, comme un kit de plaidoyer qui peut être utilisé pour combattre la discrimination en Afrique subsaharienne, ou la série Body Politics, qui vise à mieux sensibiliser à la criminalisation de la sexualité et de la reproduction.

 

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