En réaction au placement en détention de Lida Moniava, militante de la société civile russe et figure de proue du secteur caritatif, pour « diffusion de fausses informations » au sujet des forces armées russes, Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale d’Amnesty International, a déclaré :
« Les poursuites pénales intentées contre Lida Moniava s’apparentent à une nouvelle tentative de la part des autorités russes de réprimer toute forme d’opinion anti-guerre. Cette attaque contre l’une des figures les plus en vue du secteur caritatif en Russie a pour but de la réduire au silence, ainsi que l’ensemble de la société civile.
« Les autorités russes doivent renoncer aux poursuites pénales engagées contre Lida Moniava pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Enfin, elles doivent abroger la législation répressive relative à la “ censure portant sur la guerre ” en vigueur dans le pays et libérer toutes les personnes emprisonnées au seul motif d’avoir exercé pacifiquement leur droit d’exprimer leur opposition à la guerre. »”
Cette attaque contre l’une des figures les plus en vue du secteur caritatif en Russie a pour but de la réduire au silence, ainsi que l’ensemble de la société civile.
Marie Struthers, directrice du programme Europe de l’Est et Asie centrale d’Amnesty International
Contexte
Lida Moniava travaille dans le secteur caritatif depuis 2008, notamment au sein de la fondation « Podari Zhizn » (Le don de la vie), qui vient en aide aux enfants atteints de maladies oncologiques et hématologiques, et de « Vera » (Foi), un centre où elle coordonnait les soins palliatifs pour les enfants. En 2014, elle est devenue directrice adjointe de l’établissement de soins pour enfants « Dom s Mayakom » (La maison au phare) puis en 2018, directrice de sa fondation caritative.
Le 2 septembre 2026, Lida Moniava a été placée en détention à Moscou, inculpée de « diffusion publique en connaissance de cause de fausses informations sur l’emploi des forces armées de la Fédération de Russie », en vertu de l’article 207.3 du Code pénal. Son domicile a été perquisitionné et elle a été interrogée par des membres du Comité d’enquête, un organe étatique chargé d’enquêter sur les crimes graves. Ce jour-là, elle a été placée en centre de détention provisoire pour deux jours, en attendant que le tribunal statue sur les restrictions dont elle ferait l’objet avant le procès.
Selon son avocat, le dossier pénal repose sur une de ses publications sur Telegram en février 2023.
En février 2026, un tribunal a condamné Lida Moniava à une amende de 45 000 roubles (580 euros) pour avoir soi-disant « discrédité » les forces armées russes. La procédure portait sur trois publications diffusées sur sa chaîne Telegram, notamment des messages faisant référence à la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine et aux frappes russes qui auraient eu lieu à Kryvyï Rih et à Soumy.


