Kirghizistan. La secrétaire générale d’Amnesty International demande au président d’opposer son veto à une loi restrictive pour les ONG

À l’approche de la fin du délai de deux semaines pour promulguer la loi sur les « représentants étrangers » adoptée par le Parlement du Kirghizistan, Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a déclaré :

« Il est impératif que le président Sadyr Japarov oppose son veto à une loi qui va avoir de vastes répercussions sur la capacité de la société civile à œuvrer en faveur de la concrétisation des droits du peuple kirghize.

« Maintenir des conditions libres et favorables pour le travail des organisations de la société civile est essentiel pour garantir une multitude de droits. Les droits des femmes, le développement rural, l’accès à l’eau, l’amélioration des conditions de travail, l’accès aux services de santé et un environnement inclusif pour les personnes en situation de handicap font partie des très nombreux sujets traités par les organisations de la société civile, souvent avec l’appui financier de partenaires internationaux.

Maintenir des conditions libres et favorables pour le travail des organisations de la société civile est essentiel pour garantir une multitude de droits.

Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International

« J’appelle le président Sadyr Japarov à répondre positivement à l’invitation adressée par plusieurs ONG du pays en vue de le rencontrer, et à donner la priorité aux intérêts de la population kirghize en opposant son veto à cette loi. »

Complément d’information

Le 14 mars, le Parlement du Kirghizistan a voté par une large majorité en faveur de l’adoption d’une loi restrictive pour les ONG, qui impose des règles draconiennes et un contrôle excessif des autorités aux organisations recevant des financements de l’étranger. Cette législation impose de lourdes exigences en matière de déclaration sur toutes les activités financières, de gouvernance et opérationnelles, en ciblant expressément les ONG indépendantes recevant des fonds depuis un autre pays, qui seront classées comme « organisations exerçant les fonctions d’un représentant étranger ».