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Écrire pour les droits. La plus grande campagne mondiale en faveur des droits humains est de retour pour la Journée des droits de l’homme 2022

Des militant·e·s du monde entier vont célébrer la Journée des droits de l’homme 2022 en participant au plus grand événement mondial en faveur des droits humains : la campagne d’Amnesty International Écrire pour les droits. Organisée tous les ans depuis 2001, cette campagne est l’occasion pour des personnes de plus de 200 pays et territoires de rédiger des millions de lettres pour soutenir des personnes dont les droits humains sont en danger.  

Face à la menace grandissante qui pèse sur le droit de manifester dans le monde entier, et en parallèle avec la nouvelle campagne mondiale d’Amnesty International intitulée Protégeons les manifs, la campagne Écrire pour les droits 2022 plaide en faveur de 13 personnes qui ont payé le prix fort pour s’être exprimées. Cette année, la campagne met en évidence les cas d’une avocate de Hong Kong emprisonnée pour avoir encouragé des personnes à allumer des bougies afin de commémorer la répression de Tiananmen, d’un Iranien emprisonné et torturé pour avoir manifesté pacifiquement contre les inégalités et la répression politique, détenu à l’isolement depuis plus de deux ans, et de trois militantes zimbabwéennes qui ont été enlevées, rouées de coups, agressées sexuellement et emprisonnées en raison de leurs activités militantes. 

« Année après année, Écrire pour les droits nous rappelle le pouvoir persistant de l’action collective. Cette campagne a montré à maintes reprises que, lorsque suffisamment de personnes s’unissent et remettent en cause les injustices en parlant d’une seule voix, les autorités écoutent et des vies s’en trouvent transformées, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« Partout dans le monde, le droit de manifester est en danger. Rien qu’au cours des 12 derniers mois, nous avons vu des gouvernements réprimer de nombreux mouvements de protestation, de l’Iran à Cuba, en passant par bien d’autres pays. Il est donc tout à fait naturel que, à l’occasion de l’édition 2022 d’Écrire pour les droits, des militant·e·s témoignent leur solidarité à l’égard des personnes qui paient le prix fort pour s’être exprimées ouvertement. » 

Lors de cette Journée des droits de l’homme, de nombreux événements en rapport avec Écrire pour les droits se tiendront dans toutes les régions du monde. Sont notamment prévus un concert en Côte d’Ivoire, un semi-marathon au Zimbabwe et des événements publics d’écriture de lettres en Belgique, au Canada, en Corée du Sud, au Danemark, en Espagne, en Irlande, en Italie, au Mali, en Mongolie, aux Pays-Bas, en Pologne, en Slovénie, en Suède, à Taïwan, en Thaïlande et en Turquie. D’autres événements auront lieu aux quatre coins du globe pendant tout le mois de décembre.

Chaque année, en décembre, des personnes du monde entier écrivent des millions de lettres, courriels, tweets, messages sur Facebook et cartes postales pour soutenir celles et ceux qui sont injustement persécutés. Ces sympathisant·e·s ont contribué à transformer la vie de plus d’une centaine de personnes depuis 2001, les libérant ainsi de la torture, du harcèlement ou d’une incarcération injuste. En 2021, presque 4,5 millions de lettres ont été rédigées. 

La campagne de l’an dernier a mis en lumière le cas d’un enseignant et militant écologiste du Guatemala, Bernardo Caal Xol, condamné à plus de sept ans d’emprisonnement pour des accusations forgées de toutes pièces, destinées à empêcher son travail pour la protection des terres et des ressources de son peuple. Durant l’édition 2021 d’Écrire pour les droits, plus de 500 000 personnes se sont mobilisées en sa faveur et il a été libéré en mars 2022. Dans un message vidéo adressé aux militant·e·s d’Amnesty International, il a déclaré :  

« Moi, Bernardo Caal Xol, membre du peuple maya q’eqchi du Guatemala, je tiens à remercier chacune et chacun d’entre vous. Vous m’avez donné espoir pour la justice, la liberté et l’égalité qui doivent prévaloir pour tous les peuples et toutes les nations. »  

Dans toutes les régions du monde, des États ont entrepris de mettre en œuvre un éventail de plus en plus large de mesures visant à réprimer la dissidence. Aux quatre coins de la planète, des manifestant·e·s se heurtent à de fortes restrictions, associées à un nombre grandissant de lois et d’autres mesures limitant le droit de manifester. Citons notamment le fait d’empêcher, d’interdire ou d’ériger en infraction des manifestations, le recours excessif et injustifié à la force, l’utilisation illégale de certains instruments de maintien de l’ordre, les arrestations et détentions illégales, le développement de la surveillance de masse et ciblée illégale, les blocages de l’accès à Internet et la censure en ligne, ainsi que le harcèlement et la stigmatisation.  

Les personnes victimes d’inégalités et de discrimination, que celles-ci soient fondées sur la race, le genre, l’orientation sexuelle, l’identité de genre, la religion, l’âge, la situation au regard du handicap, la profession, le statut social, la situation économique ou le statut migratoire, sont les plus touchées par les restrictions qui entravent leur droit de manifester et subissent une répression plus dure. 

Cette année, Écrire pour les droits met en avant 13 personnes pour qui la répression exercée par le gouvernement contre le droit de manifester a eu des conséquences néfastes : 

  • Chow Hang-tung, avocate de Hong Kong qui purge actuellement une peine de 22 mois d’emprisonnement pour avoir encouragé des personnes sur les réseaux sociaux à allumer des bougies afin de commémorer la répression de Tiananmen ; 
  • Vahid Afkari, condamné à plusieurs décennies de réclusion et à 74 coups de fouet pour avoir participé à des manifestations contre les inégalités et la répression politique en Iran, et dont la famille a été prise pour cible à plusieurs reprises pour avoir cherché à obtenir la vérité et la justice. Ainsi, le mois dernier, la sœur de Vahid, Elham, a été détenue arbitrairement. Selon des médias étatiques, cette dernière a été arrêtée dans le cadre de la vague de manifestations qui balaie actuellement le pays ; 
  • Les militantes zimbabwéennes Joanah Mamombe, Netsai Marova et Cecillia Chimbiri, enlevées, rouées de coups, agressées sexuellement et emprisonnées pour avoir manifesté, puis inculpées d’avoir menti sur ce qui leur était arrivé ; 
  • Shahnewaz Chowdhury, qui risque la prison au Bangladesh pour avoir rédigé une publication sur Facebook dans laquelle il faisait part de ses préoccupations au sujet de l’impact négatif qu’une nouvelle centrale électrique risquait d’avoir sur l’environnement ; 
  • Dorgelesse Nguessan, coiffeuse au Cameroun, condamnée à cinq ans d’emprisonnement après avoir participé à sa toute première manifestation ; 
  • Luis Manuel Otero Alcántara, condamné à cinq ans d’emprisonnement dans une prison de sécurité maximale à Cuba pour avoir diffusé une vidéo dans laquelle il disait qu’il allait participer à une manifestation ; 
  • Zineb Redouane, une femme de 80 ans victime de l’utilisation imprudente d’une grenade lacrymogène en France. Des policiers utilisaient du gaz lacrymogène pour disperser une manifestation dans la rue, devant son immeuble, lorsqu’un policier a tiré une grenade lacrymogène dans sa direction. Le projectile l’a touchée en plein visage et elle a succombé à ses blessures. Personne n’a été inculpé ni suspendu pour cette mort tragique ; 
  • Nasser Zefzafi, qui purge actuellement une peine de 20 ans de réclusion au Maroc pour sa participation à un mouvement de protestation pacifique réclamant l’amélioration des soins de santé, de l’éducation et de l’emploi dans sa région ; 
  • Yren Rotela et Mariana Sepulveda, deux femmes transgenres du Paraguay que les autorités empêchent de changer officiellement de nom ; 
  • Alexandra Skotchilenko, de Russie, qui risque une peine allant jusqu’à 10 ans d’emprisonnement pour s’être opposée à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Complément d’information

Écrire pour les droits a débuté il y a 21 ans à Varsovie, en Pologne, lorsqu’un groupe d’ami·e·s a décidé de célébrer la Journée des droits de l’homme en organisant un marathon des lettres de 24 heures. Des 2 326 lettres rédigées en 2001 aux 4,5 millions de lettres, tweets et signatures de pétitions obtenus en 2021, la campagne Écrire pour les droits est devenue le plus grand événement en faveur des droits humains au monde. 

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