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Zimbabwe. Il faut autoriser les avocats à s’entretenir avec des opposant·e·s politiques en détention

Amnesty International Zimbabwe suit de près l’affaire concernant Job Sikhala, président de la Coalition des Citoyens pour le Changement (CCC), et Godfrey Sithole, député de Chitungwiza-Nord, tous deux inculpés d’incitation à la violence après avoir assisté aux funérailles de Moreblessing Ali. Tous deux sont toujours en détention et le tribunal de première instance a refusé leur demande de libération sous caution. Muleya Mwananyanda, directrice adjointe pour l’Afrique australe à Amnesty International, a déclaré :

Le maintien en détention de Job Sikhala et Godfrey Sithole et le refus d’autoriser leurs avocats à les rencontrer est une parodie absolue de justice

Muleya Mwananyanda, directrice adjointe pour l’Afrique australe à Amnesty International

« Le maintien en détention de Job Sikhala et Godfrey Sithole et le refus d’autoriser leurs avocats à les rencontrer est une parodie absolue de justice. Se dessine dans le pays une tendance selon laquelle les détracteurs du gouvernement et les membres de l’opposition sont constamment harcelés et se voient refuser la liberté sous caution par les tribunaux, sont amenés au tribunal avec des entraves aux pieds et se voient parfois refuser la possibilité de communiquer avec leurs avocats. Pourtant, les élites politiques de haut niveau qui sont confrontées à des infractions pénales sont, dans la plupart des cas, traitées de manière totalement différente, la liberté sous caution étant accordée quelle que soit la gravité de l’infraction.

Le refus du tribunal de première instance de leur accorder la libération sous caution présentent toutes les caractéristiques d’une manœuvre des autorités zimbabwéennes pour persécuter et réduire au silence l’opposition politique

Muleya Mwananyanda

« Les accusations portées à l’encontre de Job Sikhala et Godfrey Sithole et le refus du tribunal de première instance de leur accorder la libération sous caution présentent toutes les caractéristiques d’une manœuvre des autorités zimbabwéennes pour persécuter et réduire au silence l’opposition politique.

« Les autorités doivent recentrer leurs efforts pour faire en sorte que les assassins de Moreblessing Ali soient traduits en justice, et pour garantir l’accès à la justice et à des voies de recours efficaces pour les victimes et leurs familles. » 

Complément d’information

Les membres de l’opposition politique Job Sikhala et Godfrey Sithole ont été arrêtés le 14 juin après avoir assisté aux funérailles de Moreblessing Ali. Militante politique, Moreblessing Ali a été portée disparue pendant trois semaines avant que l’on retrouve son corps sans vie et mutilé le 11 juin. Les autorités zimbabwéenes les accusent d’avoir encouragé leurs partisans à provoquer des violences à Nyatsime, dans la ville de Chitungwiza, lors de la commémoration pour Moreblessing Ali. La libération sous caution leur a été refusée lors de leur comparution devant le tribunal de première instance et ils ont depuis fait appel devant la Haute Cour.

Les avocats de Job Sikhala, Alec Muchadehama et Jeremiah Bhamu, insistent sur le fait que son arrestation est motivée par des considérations politiques. Il a été arrêté 67 fois, un nombre record, pour des motifs à caractère politique, sans être condamné.