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Équateur. Les autorités et les entreprises menacent l’Amazonie et ses peuples indigènes

La législation, les politiques et les projets d’extraction sans consentement affectent les territoires indigènes

Les autorités et les entreprises équatoriennes menacent l’Amazonie par des lois, des politiques et des projets d’extraction (essentiellement pétroliers et miniers) qui n’ont pas obtenu le consentement libre, préalable et éclairé des peuples indigènes ou qui affectent leurs territoires, leur environnement, leur santé, leur eau ou leur alimentation, a déclaré Amnesty International ce mercredi 4 mai, à l’occasion de la publication de son rapport intitulé Ecuador: Amazon at risk.

« L’Équateur doit veiller au consentement des peuples indigènes aux lois, aux politiques et aux projets de nature à mettre leur existence en danger. De plus, l’Amazonie est un écosystème essentiel pour surmonter la crise climatique qui menace toute vie sur notre planète, et les peuples indigènes la protègent depuis des siècles. Nous ne pouvons pas leur tourner le dos », a déclaré Fernanda Doz Costa, directrice adjointe des recherches sur les Amériques à Amnesty International.

À cet égard, l’Organisation a salué la victoire remportée par la communauté a’i cofán de Sinangoe devant la Cour constitutionnelle le 27 janvier 2022. Dans son arrêt, auquel les autorités compétentes ne se sont toujours pas conformées, la Cour a confirmé que l’État avait violé les « droits [de la communauté] à la consultation préalable, à la nature, à l’eau, à un environnement sain, à la culture et au territoire » en attribuant 20 concessions minières sans le consentement de la communauté et en traitant 32 autres demandes de concession affectant son territoire. La Cour a également ordonné des mesures de réparation complètes pour la communauté.

L’Équateur doit veiller au consentement des peuples indigènes aux lois, aux politiques et aux projets de nature à mettre leur existence en danger

Fernanda Doz Costa, directrice adjointe des recherches sur les Amériques à Amnesty International

De plus, les autorités doivent encore enquêter sans délai, de manière approfondie et impartiale, sur les fuites de pétrole survenues le 7 avril 2020 et le 28 janvier 2022 en Amazonie, établir les responsabilités administratives et pénales pertinentes et garantir vérité, justice et réparation pour les communautés touchées.

Cette année, la Cour constitutionnelle devrait statuer sur les peines prononcées dans l’affaire de la fuite de pétrole du 7 avril 2020 et sur l’action extraordinaire de protection intentée par les communautés touchées.

Dans son rapport – présenté dans le contexte de l’Examen périodique universel de l’Équateur devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, qui doit avoir lieu cette année –, Amnesty International aborde également les restrictions excessives de la loi réglementant l’avortement en cas de viol, l’absence de politique de protection des défenseur·e·s des droits humains et d’enquête sur les attaques et les menaces à leur encontre, ainsi que l’impunité pour les violations des droits humains commises lors des manifestations d’octobre 2019.