Photo: Vladimir SmirnovTASS via Getty Images

Russie. Il faut annuler les condamnations des leaders ingouches des manifestations

En réaction à la condamnation de sept Ingouches leaders de manifestations à des peines allant de sept ans et demi à neuf ans d’emprisonnement pour avoir organisé des manifestations pacifiques contre les autorités en 2018 et 2019, Marie Struthers, directrice d’Amnesty International pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale, a déclaré :

« La condamnation de ces leaders de manifestations représente une violation flagrante des droits à la liberté d’expression et de réunion. Une nouvelle fois, la Russie bafoue ses obligations découlant du droit international relatif aux droits humains, et ne respecte même pas sa propre Constitution.

« En incarcérant ces militant·e·s, les autorités russes ajoutent leurs noms à la longue liste des Ingouches emprisonnés simplement pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion pacifique. Les inculpations infondées portées à leur encontre ne sont rien de plus qu’un outil pour sanctionner et intimider les militant·e·s, leur condamnation adressant un message inquiétant aux dirigeant·e·s de la société civile en Ingouchie et au-delà.

Les inculpations infondées portées à leur encontre ne sont rien de plus qu’un outil pour sanctionner et intimider les militant·e·s, leur condamnation adressant un message inquiétant aux dirigeant·e·s de la société civile en Ingouchie et au-delà

Marie Struthers, directrice d’Amnesty International pour l’Europe de l’Est et l’Asie centrale

« Les autorités russes doivent annuler les sentences prononcées contre ces sept personnes et ordonner leur libération immédiate et inconditionnelle. Il faut que cesse l’offensive persistante contre la liberté de parole et la liberté de réunion et d’association en Russie. »

Complément d’information

Le 15 décembre 2021, le tribunal municipal de Kislovodsk a condamné Akhmed Barakhoïev, Barakh Chemourziev, Bagaudin Khautiev, Moussa Malsagov, Ismaïl Nalgiev, Zarifa Sautieva et Malsag Oujakhov à des peines de prison comprises entre sept ans et demi et neuf ans. Ils ont été déclarés coupables d’avoir « organisé l’usage de la violence contre des représentants des autorités » et d’avoir organisé et animé une « communauté extrémiste ».

Ces militant·e·s de la république russe d’Ingouchie, dans le Caucase du Nord, ont été déclarés coupables en raison de leur participation à des manifestations contre le tracé de la frontière entre l’Ingouchie et la Tchétchénie voisine. Ces rassemblements, qui se sont déroulés à Magas, la capitale de l’Ingouchie, ont été réprimés avec violence le 26 mars 2019 par la Garde nationale russe.

Après avoir examiné les dossiers, Amnesty International a conclu que toutes les accusations retenues contre les leaders de ces manifestations étaient sans fondement.