Chine. Les charges contre un avocat éminent des droits humains doivent être abandonnées car motivées par des raisons d'ordre politique

Pu Zhiqiang en novembre 2011. © AFP/Getty

Les autorités chinoises doivent cesser de persécuter Pu Zhiqiang, un avocat des droits humains bien connu, et abandonner toutes les charges prononcées à son encontre, a dit Amnesty International.

Le vendredi 15 mai le parquet de Pékin a inculpé Pu Zhiqiang pour avoir « cherché à provoquer des conflits et troublé l'ordre public » et pour « incitation à la haine à l'égard d'une ethnie », essentiellement sur la base de commentaires qu'il a faits sur Internet. S'il est reconnu coupable, il encourt jusqu'à 10 ans d'emprisonnement.

Avec cette action en justice, les autorités font comprendre à tous les avocats qui acceptent des dossiers “sensibles” qu'ils feraient mieux de se ranger.
William Nee, chercheur sur la Chine à Amnesty International

« Les charges prononcées contre Pu Zhiqiang constituent encore un acte de persécution politique. Les chances qu'il soit jugé au cours d'un procès équitable sont quasiment nulles », a déclaré William Nee, chercheur sur la Chine à Amnesty International.

« Il n'a rien fait d'autre que commenter l'actualité sur des réseaux sociaux. Le gouvernement chinois bafoue de manière flagrante la liberté d'expression de cet homme et tente de réduire au silence une voix indépendante. »

Pu Zhiqiang avait été placé en détention le 6 mai 2014, après avoir participé à un séminaire, à Pékin, appelant à l'ouverture d'une enquête sur la répression de Tiananmen en 1989.

Il a représenté des personnes dans plusieurs affaires « sensibles » de droits humains, dont celles liées au Mouvement des nouveaux citoyens, un réseau informel de militants dont l'objectif est de promouvoir la transparence au niveau du gouvernement et de dénoncer des faits de corruption.

« Avec cette action en justice, les autorités font comprendre à tous les avocats qui acceptent des dossiers “sensibles” qu'ils feraient mieux de se ranger. Ce harcèlement des défenseurs des droits des citoyens ordinaires doit cesser », a déclaré William Nee.