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L'Arabie saoudite doit empêcher la flagellation d'une adolescente

Amnesty International demande instamment aux autorités saoudiennes de renoncer à infliger une flagellation publique à une jeune fille de treize ans accusée d'avoir agressé un membre du corps enseignant dans son établissement scolaire. Ayant été déclarée coupable par un tribunal de la ville de Jubail le 19 janvier, l'adolescente devra semble-t-il recevoir 90 coups de verge devant ses camarades de classe et purger une peine de deux mois de prison. « Le roi Abdallah bin Abdul Aziz al Saoud doit immédiatement intervenir pour que cette condamnation à la flagellation soit annulée sans délai, a déclaré Claudio Cordone, secrétaire général par intérim d'Amnesty International. Il doit également prendre des mesures dans le but de réformer la législation et la procédure pénale en vigueur en Arabie saoudite afin d'interdire les châtiments cruels, inhumains et dégradants, en particulier la flagellation de mineurs. » Le détail des charges retenues contre la jeune fille, ainsi que la nature de l'agression présumée, sont actuellement peu clairs. Il semble cependant que l'agression se soit déroulée après que l'adolescente eut été surprise à l'école en possession d'un téléphone portable équipé d'un appareil photo. Ce type de téléphone est interdit dans l'établissement. Cette affaire fait suite à une information relayée par les médias en décembre, selon laquelle le ministre de l'Intérieur a ordonné l'exécution de peines de flagellation prononcées contre une femme âgée et deux hommes reconnus coupables du khilwa en mars 2009. Le khilwa est une infraction correspondant au fait de se trouver seul en compagnie d'une personne de sexe opposé qui n'est pas un parent proche. Khamisa Mohammed Sawadi, une Syrienne âgée de soixante-quinze ans, et l'un de ces hommes ont été condamnés à 40 coups de verge et quatre mois de prison. L'autre homme a été condamné à une peine de 60 coups de verge et six mois d'emprisonnement par un tribunal de la ville d'al Shamli, au nord de Riyadh. « L'incrimination du khilwa constitue une violation des droits à la liberté d'expression et au respect de la vie privée définis par les engagements internationaux en matière de droits humains, a rappelé Claudio Cordone. Les condamnations à une peine de flagellation prononcées contre Khamisa Mohammed Sawadi et les deux hommes condamnés en même temps qu'elle devraient être annulées. » En Arabie saoudite, la flagellation est une peine impérativement prévue par la loi pour un certain nombre d'infractions et peut également être appliquée à la discrétion des juges en remplacement ou en complément d'autres sanctions. Les peines vont de plusieurs dizaines à des dizaines de milliers de coups de verge et sont généralement infligées en plusieurs fois, à intervalles de deux semaines à un mois. Le plus grand nombre de coups de verge prononcé dans une affaire portée à la connaissance d'Amnesty International a été de 40 000. Un homme jugé pour meurtre y a été condamné en 2009. Le recours aux châtiments corporels tels que la flagellation viole l'interdiction absolue de la torture et des autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, prévue par la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, un traité auquel cet État est partie. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a déclaré à ce propos : « Le châtiment corporel est en contradiction avec l'interdiction de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »