Irak : Amnesty International déplore l’exécution d’«Ali le chimique»

Amnesty International déplore l’exécution à Bagdad d’Ali Hassan al Majid, dit « Ali le chimique », impliqué dans l’une des pires atrocités commises sous le régime de Saddam Hussein.

Ali Hassan al Majid avait été condamné à la peine capitale pour la quatrième fois le 17 janvier 2010, pour avoir ordonné une attaque à l’arme chimique contre la ville d’Halabja en 1988, qui avait fait plus de 5 600 victimes parmi la minorité kurde d’Irak, dont beaucoup de femmes et d’enfants.

Il a été exécuté par pendaison le 25 janvier 2010 après avoir été déclaré coupable par le Haut Tribunal pénal irakien, mis sur pied pour connaître des crimes commis par l’ancien gouvernement de Saddam Hussein.

Amnesty International a exprimé à plusieurs reprises ses préoccupations concernant la procédure judiciaire suivie par ce tribunal, compromise par les ingérences politiques et non conforme aux normes internationales d’équité des procès.

« Malgré l’ampleur des crimes pour lesquels Ali Hassan al Majid a été condamné, nous déplorons son exécution et la considérons comme un pas en arrière, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.
 
« En fait, il s’agit de la dernière exécution d’une liste qui ne cesse de s’allonger. Ces mises à mort ont parfois fait suite à un procès inique, en violation flagrante des droits humains. »

L’exécution d’Ali al Majid intervient alors que les autorités irakiennes recourent de plus en plus à la peine de mort. Plus de 900 prisonniers se trouveraient actuellement dans l’antichambre de la mort, et beaucoup pourraient être exécutés prochainement. Nombre d’entre eux ont été condamnés par le Tribunal pénal central irakien, au terme de procès qui n’ont pas respecté les normes internationales d’équité.

Ali al Majid avait été condamné à mort pour génocide et crimes contre l’humanité à l’issue de trois précédents procès devant le Haut Tribunal pénal irakien.

« L’exécution d’Ali Hassan al Majid était attendue depuis longtemps et, sans nul doute, de nombreuses personnes qui ont souffert à cause des crimes dont il a été reconnu coupable considéreront qu’elle clôt un chapitre vraiment tragique de l’histoire irakienne, a déclaré Malcolm Smart.

« Cependant, toute exécution déshumanise la société et en Irak, où les mises à mort se sont banalisées, il est temps de dire “ assez !“ ».