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Le président gambien profère des menaces de mort «déplorables»

Le président gambien aurait menacé de tuer quiconque tente de déstabiliser le pays, propos qualifiés d'extrêmement regrettables par Amnesty International. Dans une déclaration faite sur une chaîne de télévision nationale lundi 21 septembre 2009, le président Yahya Jammeh a expressément menacé les défenseurs des droits humains et les personnes travaillant avec eux, en insistant sur le fait que le gouvernement de Gambie ne garantirait pas leur sécurité. « Nous invitons le président Yahya Jammeh à revenir sans délai sur ses déclarations et à affirmer que le gouvernement gambien s'engage à respecter, protéger et promouvoir les droits humains conformément à sa Constitution et aux obligations qui lui incombent au titre du droit international », a déclaré Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International. Par ailleurs, l'organisation demande au président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, et au secrétaire exécutif de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Mohammed Ibn Chambas, de condamner les déclarations du président Yahya Jammeh dans les termes les plus sévères. En novembre 2008, Amnesty International a publié un rapport intitulé Gambia: Fear Rules. Ce document rend compte des atteintes aux droits humains commises en Gambie par l'Agence nationale de renseignement (NIA), l'armée et la police, à l'encontre des opposants réels et présumés du gouvernement, et ce de manière courante. Il montre que, lorsque des personnes sont détenues par le gouvernement, elles sont susceptibles de subir de nombreuses violations de leurs droits humains, notamment la détention illégale, la torture en détention, les procès iniques, les disparitions forcées et les exécutions extrajudiciaires. Le 22 juillet 2009, Amnesty International, des associations de toute l'Afrique et des organisations de défense de la liberté de la presse ont organisé une journée d'action pour protester contre la poursuite des violations des droits humains, et en particulier de la répression des médias, en Gambie.