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La multiplication des violences au Honduras favorisée par un décret exécutif

Il faut que Roberto Micheletti, président de facto du Honduras, annule le décret octroyant à la police de nouveaux pouvoirs très étendus en matière de détention, interdisant tous les rassemblements publics et imposant un couvre-feu d'une durée de quarante-cinq jours, a déclaré Amnesty International mardi 29 septembre. « Le Honduras risque de sombrer dans une situation de non droit, où police et armée agissent dans le mépris des droits humains ou de la primauté de la loi, a prévenu Susan Lee, directrice du programme Amériques d'Amnesty International. Il est urgent que Roberto Micheletti annule ce décret et fasse parvenir des instructions claires aux forces de sécurité afin de les enjoindre à respecter les droits humains à tout moment, quelles que soient les circonstances. » Les attaques lancées par la police et l'armée contre les opposants au gouvernement de facto se sont multipliées depuis la publication de ce décret présidentiel. Des opérations policières et militaires conjointes, bafouant tant les procédures en vigueur que les droits humains, ont usé de la force et de la violence afin de faire fermer Radio Globo et Canal 36, une station de radio et une chaîne de télévision locales. Lundi 28 septembre vers 5 h 20 du matin, dans le cadre d'une opération commune, la police et l'armée ont ainsi brisé la porte d'entrée de Radio Globo, tirant à balles réelles en l'air alors qu'elles prenaient le contrôle du bâtiment. Les forces de sécurité n'avaient pas annoncé leur venue et n'ont pas fourni de raison officielle pour cette opération. Les employés de Radio Globo qui se trouvaient dans le bâtiment ont été contraints de fuir et certains, pris de panique, ont sauté des fenêtres de leur bureau, au troisième étage. Le directeur de la radio se serait fracturé le bras et aurait subi d'autres blessures en s'enfuyant. Par ailleurs, les équipements et véhicules appartenant à Radio Globo ont été confisqués. Les mêmes méthodes violentes et arbitraires ont été employées par les militaires et policiers ayant simultanément pris le contrôle de Canal 36. La fermeture de deux médias d'information influents proposant une version de l'actualité différant de celle du gouvernement de facto met à mal le droit d'accès à l'information des citoyens honduriens et fournit une illustration des coups portés à la liberté d'expression et d'association par les autorités. Un journaliste interviewé par Amnesty International a affirmé que l'agressivité des autorités de facto à l'égard des défenseurs des droits humains et des journalistes connaissait une forte hausse. Il a ajouté que la fermeture par la police et l'armée de deux médias d'information importants avait contribué à instaurer un climat « de grande tension et de peur tangible ».