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Royaume-Uni. Approuver l’extradition de Julian Assange le met en danger et poserait une grave menace pour la liberté de la presse

Si le ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni approuve la demande d’extradition visant Julian Assange déposée par les États-Unis, il enfreindra l’interdiction de la torture et créera un précédant alarmant pour les éditeurs et journalistes du monde entier, a déclaré Amnesty International mercredi 20 avril après la décision d’un tribunal d’instance du Royaume-Uni de rendre un avis d’extradition contre le détenu.

L’affaire sera désormais soumise à Priti Patel, la ministre britannique de l’Intérieur, qui décidera ou non d’approuver la demande des États-Unis d’ici le 18 mai.

« Le Royaume-Uni est tenu de s’abstenir d’envoyer la moindre personne vers un lieu où sa vie ou sa sécurité sont compromises, et le gouvernement ne doit pas se soustraire à cette responsabilité. Les autorités américaines ont purement et simplement déclaré qu’elles modifieraient les modalités de l’emprisonnement de Julian Assange dans un établissement fédéral selon leur bon vouloir. Cette déclaration expose Julian Assange au risque d’être soumis à des conditions de détention susceptibles de causer des dommages irréversibles à son bien-être physique et psychologique », a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

« L’extradition de Julian Assange serait par ailleurs dévastatrice pour la liberté de la presse et pour le public, qui a le droit de savoir ce que font les gouvernements en son nom. »

« La diffusion d’informations d’intérêt public est une pierre angulaire de la liberté des médias. Extrader Julian Assange afin qu’il réponde d’accusations d’espionnage pour avoir rendu publiques des informations confidentielles créerait un précédent dangereux et plongerait les journalistes du monde entier dans la peur constante que l’on épie leurs moindres faits et gestes. »

Les placements prolongés en détention à l’isolement sont monnaie courante dans les prisons de sécurité maximale des États-Unis. Cette pratique s’apparente à un acte de torture ou à d’autres formes de mauvais traitements, qui sont interdits par le droit international. Les assurances offertes par les États-Unis selon lesquelles Julian Assange sera traité de manière équitable laissent fortement à désirer et pourraient être révoquées à tout moment. L’extradition vers les États-Unis exposerait Julian Assange à un risque d’atteintes graves aux droits humains, et des assurances diplomatiques creuses ne sauraient le mettre à l’abri de telles violations.

Si le gouvernement du Royaume-Uni permet à un pays étranger d’exercer la compétence pénale extraterritoriale afin de poursuivre une personne publiant des informations depuis le Royaume-Uni, d’autres gouvernements pourraient utiliser le même dispositif juridique pour emprisonner des journalistes et réduire la presse au silence loin des frontières de leur propre pays.

« Julian Assange n’aurait jamais dû faire l’objet de poursuites. Il n’est pas trop tard pour que les autorités américaines rectifient la situation et abandonnent les poursuites », a déclaré Agnès Callamard.

« D’ici là, compte tenu du caractère politique de cette affaire et de ses graves implications pour la liberté d’expression, le Royaume-Uni doit s’abstenir de représenter les États-Unis dans d’éventuels futurs recours. »