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Arabie saoudite. Quatre Ouïghour·e·s, dont une adolescente, doivent être expulsés vers la Chine ce soir

Amnesty International a reçu des informations crédibles selon lesquelles Buheliqiemu Abula et sa fille adolescente âgée de 13 ans ont dû passer des tests COVID-19 le 13 avril 2022 en vue de préparer leur expulsion vers la Chine. La police leur a dit qu’elles devaient se tenir prêtes à quitter le centre d’expulsion aujourd’hui à 21 h, heure locale, pour monter à bord d’un vol pour Guangzhou (Canton), en Chine.

« Les autorités saoudiennes doivent immédiatement renoncer à tout projet visant à expulser ces quatre Ouïghour·e·s – dont une adolescente de 13 ans et sa mère – qui risquent fortement d’être conduits dans des camps répressifs d’internement s’ils sont renvoyés en Chine, a déclaré Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International.

« Renvoyer de force ces quatre Ouïghour·e·s serait une violation inadmissible des obligations incombant à l’Arabie saoudite au titre du droit international. Les autorités saoudiennes ne doivent pas même envisager de les renvoyer en Chine, où ils seront soumis à la détention arbitraire, à la persécution, voire à la torture.

Le monde doit réagir vite et faire obstacle à cette expulsion dans les heures qui viennent, afin de sauver ces quatre personnes d’une expulsion catastrophique

Lynn Maalouf, directrice adjointe pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International

« Le monde doit réagir vite et faire obstacle à cette expulsion dans les heures qui viennent, afin de sauver ces quatre personnes d’une expulsion catastrophique. Il est crucial que tous les gouvernements ayant des liens diplomatiques avec l’Arabie saoudite interviennent sans attendre et engagent les autorités de Riyadh à respecter leurs obligations et à mettre un terme aux expulsions. »

En vertu du principe de non-refoulement du droit international coutumier et en tant qu’État partie à la Convention de l’ONU contre la torture, l’Arabie saoudite est tenue de ne pas renvoyer quelqu’un dans un pays où il risquerait d’être soumis à la torture ou à d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à des formes de persécution ou à d’autres graves violations des droits humains.

Complément d’information

En juin 2021, Amnesty International a publié un rapport révélant que des centaines de milliers d’hommes et de femmes musulmans dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang en Chine sont soumis à des détentions massives arbitraires, à l’endoctrinement et à la torture.

En mars 2021, un autre document de recherche d’Amnesty International a montré que les enfants des personnes détenues dans les camps d’internement sont souvent envoyés dans des « camps pour orphelins » gérés par l’État, où ils sont endoctrinés et séparés de leurs parents.