Les Rohingyas bloqués dans l’Océan indien doivent être secourus et débarqués en lieu sûr sans plus attendre

En réaction aux informations selon lesquelles un groupe de réfugié·e·s rohingyas et au moins trois ressortissants bangladais sont bloqués sur un bateau dans la mer d'Andaman et ont besoin de toute urgence de secours et d’un lieu où débarquer, Saad Hammadi, chargé de campagne pour l’Asie du Sud à Amnesty International, a déclaré :

« Au lieu de refiler la responsabilité à d’autres États, les gouvernements de la région doivent immédiatement déployer une opération de recherche et de secours afin d’aider les passagers bloqués à bord de ce bateau, qui ont désespérément besoin de nourriture, d’eau et d’un lieu sûr où débarquer, sans discrimination.

« Trop de vies ont déjà été perdues en mer parce que des pays ont refusé de venir en aide aux Rohingyas à la dérive. Il faut éviter une répétition de ce genre d’épisodes honteux.

« Après des années d’incertitude passées au Bangladesh et au lendemain du coup d’État qui vient d’avoir lieu au Myanmar, les Rohingyas sentent qu’ils n’ont d’autre choix que d’entreprendre ces voyages périlleux. Comme la " saison de navigation " redémarre, des milliers d'autres pourraient fuir par bateau. Les gouvernements de la région doivent s’acquitter de leurs obligations internationales et secourir et accueillir les personnes en détresse en mer. »

Complément d’information

Jusqu’à 100 personnes seraient bloquées sur ce bateau, parti de Cox’s Bazar et Teknaf au Bangladesh il y a une dizaine de jours. Aux dernières nouvelles, il se trouverait dans les eaux territoriales indiennes ou à proximité.

Un appel de détresse a été lancé dans la nuit du 20 février, des informations non confirmées faisant état de plusieurs morts et de nombreuses personnes en situation délicate du fait de la pénurie d’eau et de nourriture à bord.

En 2020, quelque 2 400 Rohingyas se sont lancés dans de dangereuses traversées et 200 y ont laissé la vie ou ont « disparu » durant cette période, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Les survivant·e·s souffraient de malnutrition et de déshydratation sévères. Amnesty International a rappelé à maintes reprises aux gouvernements de la région leurs obligations spécifiques découlant du droit de la mer, qui s’applique à toutes les personnes, quels que soient leur nationalité ou leur statut au regard de l’immigration, retrouvées ou interceptées en mer.

Les gouvernements doivent également respecter les engagements qui ont été pris au titre de déclarations régionales, notamment la Déclaration de 2010 de l’ANASE sur les opérations de recherche et sauvetage en mer, la Déclaration de Bali de 2016, et des conclusions de la réunion de février 2020 de l’Équipe spéciale du Processus de Bali, qui « insistent sur le fait qu’il est primordial de sauver des vies en mer et de ne pas mettre en danger la vie et la sécurité de personnes quand ils font face à des migrations irrégulières par mer ».