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Botswana. La première année au pouvoir du président Mokgweetsi Masisi est entachée par des exécutions

La première année au pouvoir du président Mokgweetsi Masisi se caractérise par un fort regain du nombre d’exécutions, quatre personnes ayant été mises à mort depuis son investiture, a déclaré Amnesty International le 30 octobre 2020.

La hausse très inquiétante du nombre d’exécutions sous la présidence de Mokgweetsi Masisi jette une ombre sur son mandat.

Deprose Muchena, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International

« La hausse très inquiétante du nombre d’exécutions sous la présidence de Mokgweetsi Masisi jette une ombre sur son mandat. Depuis qu’il a prêté serment il y a un an, quatre personnes ont été pendues, leur ôtant le droit à la vie, a déclaré Deprose Muchena, directeur pour l’Afrique de l’Est et l’Afrique australe à Amnesty International.

« En continuant de signer des ordres d’exécution, le président Mokgweetsi Masisi fait preuve de mépris vis-à-vis du droit à la vie et va à l’encontre de la tendance régionale et internationale contre ce châtiment des plus cruels et inhumains. »

Le Botswana a procédé à sa première exécution sous la présidence de Mokgweetsi Masisi en décembre 2019, à peine un mois après son entrée en fonctions, avec la pendaison de Mooketsi Kgosibodiba, qui se trouvait dans le quartier des condamnés à mort depuis 2017. Mmika Michael Mpe a été pendu en février 2020, tandis que Moabi Seabelo Mabiletsa et Matshidiso Tshid Boikanyo ont été pendus en mars.

Le président Mokgweetsi Masisi a manqué l’occasion de rompre avec le cycle d’exécutions au Botswana et de démontrer qu’il est possible de rendre justice sans avoir recours à la peine de mort.

Deprose Muchena

« Le président Mokgweetsi Masisi a manqué l’occasion de rompre avec le cycle d’exécutions au Botswana et de démontrer qu’il est possible de rendre justice sans avoir recours à la peine de mort. Aucun élément ne prouve que la peine capitale ait un effet réellement dissuasif sur la criminalité, a déclaré Deprose Muchena.

« Justice n’est pas rendue en exécutant des gens et le monde se détourne de cette forme de châtiment ignoble et dégradant. »

Justice n’est pas rendue en exécutant des gens et le monde se détourne de cette forme de châtiment ignoble et dégradant.

Deprose Muchena

Amnesty International appelle le Botswana, dans l’attente de l’abolition de la peine de mort pour tous les crimes, à instaurer immédiatement un moratoire officiel sur les exécutions.

Complément d’information

La peine de mort est encore appliquée pour meurtre au Botswana, et c’est le seul pays en Afrique australe qui continue de procéder à des exécutions.

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a exhorté le Botswana à abandonner l’usage de la peine de mort, et a réaffirmé : « Elle [la peine de mort] constitue une violation de l’article 4 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte), qui interdit spécifiquement toute privation arbitraire du droit à la vie. »

Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, sans exception, quelles que soient la nature ou les circonstances du crime commis, la culpabilité ou l’innocence ou toute autre situation de la personne condamnée, ou la méthode utilisée pour procéder à l’exécution.