Russie. La détention d’un éminent journaliste illustre la répression contre les militants dans le contexte de la crise du COVID-19

En réaction à la condamnation le 28 mai 2020 d’Ilia Azar, éminent journaliste russe et conseiller de district à Moscou, à une peine de 15 jours de détention administrative pour avoir mené une manifestation solitaire devant le siège de la police à Moscou, Natalia Zviagina, directrice d’Amnesty International Russie, a déclaré :

« Ilia Azar n’a commis aucun crime et n’a même pas enfreint les lois draconiennes relatives aux manifestations. Sa détention témoigne de la lâcheté des autorités et illustre parfaitement la stratégie de la Russie qui consiste à écraser le militantisme et à piétiner les droits humains pour bâillonner toute critique. En pleine pandémie de COVID-19, le gouvernement préfère fournir des muselières au lieu de masques de protection, et ce uniquement pour se protéger lui-même.

Ilia Azar n’a commis aucun crime et n’a même pas enfreint les lois draconiennes relatives aux manifestations. Sa détention témoigne de la lâcheté des autorités et illustre parfaitement la stratégie de la Russie qui consiste à écraser le militantisme et à piétiner les droits humains pour bâillonner toute critique.
Natalia Zviagina, directrice d’Amnesty International Russie

« Ilia Azar a été arrêté uniquement pour avoir exercé son droit de réunion pacifique et jeté dans une cellule bondée où il risque, tout comme d’autres, de contracter le coronavirus COVID-19. En tant que prisonnier d’opinion, il doit être libéré immédiatement et sans condition.

« La protection de la santé publique ne doit pas se faire au détriment des droits humains. Les autorités doivent cesser de se servir de la crise sanitaire mondiale comme prétexte pour mettre en œuvre discrimination, répression et censure. »

Complément d’information

Le 28 mai, le tribunal de district de Tverskoï à Moscou a condamné Ilia Azar, journaliste à Novaïa Gazeta et député municipal du district de Khamovniki, à une peine de 15 jours de détention administrative pour avoir soi-disant violé la section 8 de l’article 20.2 du Code russe des infractions administratives – violation répétée des règles régissant l’organisation d’événements publics.

Il a été arrêté le 26 mai près du siège de la police de Moscou parce qu’il manifestait, tout seul, en solidarité avec le militant Viktor Nemytov, interpellé un peu plus tôt dans la journée pour une manifestation analogue. Les deux hommes protestaient aussi contre les poursuites engagées contre Vladimir Vorontsov, administrateur du groupe en ligne Police Ombudsman, inculpé au mois de mai d’extorsion présumée. Viktor Nemytov a également été condamné le 27 mai à 15 jours de détention administrative pour avoir organisé un piquet solitaire.