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Amazon doit protéger ses employé·e·s qui sont en première ligne durant la pandémie de COVID-19

La multinationale Amazon, basée aux États-Unis, doit veiller à ce que ses employé·e·s partout dans le monde bénéficient des protections nécessaires en termes de santé et de sécurité durant la pandémie de COVID-19, a déclaré Amnesty International, alors que des centaines de personnes travaillant pour Amazon aux États-Unis s’apprêtent à se mettre en arrêt maladie vendredi 24 avril 2020 pour protester contre leurs conditions de travail.

Selon des organisations syndicales, des centaines d’employé·e·s d’Amazon aux États-Unis ont déjà fait le choix de ne pas aller travailler cette semaine, en raison d’inquiétudes telles que le manque de protections sanitaires dans les entrepôts.

Amnesty International a aussi appelé le géant du commerce en ligne à protéger les droits des travailleurs et travailleuses qui osent faire entendre leur voix, à la suite d’allégations selon lesquelles des membres du personnel ont été licenciés pour avoir exprimé leurs inquiétudes quant aux conditions de sécurité.

Nous sommes solidaires des employé·e·s d'Amazon qui défendent leurs droits. Jeff Bezos doit accorder une plus grande importance et répondre aux inquiétudes légitimes et vitales soulevées par le personnel d'Amazon – le profit ne doit jamais passer avant les personnes.

Joe Westby, chercheur à Amnesty International

« Nous sommes solidaires des employé·e·s d’Amazon qui défendent leurs droits. Dans le contexte de la pandémie, les personnes qui travaillent dans les entrepôts d’Amazon ou dans ses services de livraison risquent leur vie pour nous livrer à tous des biens essentiels, a déclaré Joe Westby, chercheur à Amnesty International.

« Amazon est l’une des compagnies les plus riches du monde et ses bénéfices sont en forte hausse du fait de la crise. Il est écœurant que sa force de travail ait le sentiment que sa sécurité n’est pas prise au sérieux. Jeff Bezos doit accorder une plus grande importance et répondre aux inquiétudes légitimes et vitales soulevées par le personnel d’Amazon – le profit ne doit jamais passer avant les personnes.

« Il est scandaleux qu’Amazon s’apprête à cesser de donner la possibilité à ses employé·e·s de prendre des congés non rémunérés sans limitation de durée, possibilité qui leur était offerte depuis le mois de mars. Alors que de nouveaux cas de contamination au COVID-19 ont été signalés dans des entrepôts dans l’Indiana et le New Jersey, les employé·e·s sont confrontés à un choix cornélien entre risquer leur vie pour aller travailler ou devoir quitter l’entreprise.

« Les affirmations selon lesquelles des membres du personnel ont été licenciés pour avoir osé faire entendre leur voix sont profondément préoccupantes. Personne au sein d’Amazon ne doit faire l’objet de représailles pour avoir exprimé ses préoccupations en matière de sécurité. Amazon doit veiller à ce que ses employé·e·s puissent faire part de leurs inquiétudes concernant leur santé et leur sécurité sans avoir à craindre de mesures de rétorsion. »

Complément d’information

Amnesty International a écrit à la multinationale Amazon, basée aux États-Unis, pour lui demander des informations sur les mesures qu’elle mettait en place pour garantir le respect des droits des travailleurs et travailleuses pendant la crise du COVID-19, mais elle n’a pas reçu de réponse.

Il incombe aux entreprises de respecter tous les droits humains, où qu’elles opèrent dans le monde, et notamment de protéger leurs employé·e·s et de leur fournir des conditions de travail sûres. Elles doivent respecter les normes relatives à la santé et à la sécurité, et appliquer correctement les consignes sanitaires nationales afin de limiter l’exposition au virus sur le lieu de travail.

En vertu des lois et des normes internationales, les employeurs doivent mettre en place des dispositifs permettant à tous les travailleurs et travailleuses de signaler les risques en matière de santé et de sécurité. Ils doivent écouter les inquiétudes de leurs employé·e·s concernant la sécurité et y répondre dans le cadre d’un dialogue social. Celles et ceux qui soulèvent des préoccupations ou déposent une plainte en lien avec la santé ou la sécurité ne doivent faire l’objet d’aucune mesure de rétorsion.

Les travailleurs et travailleuses disposent d’un droit de retrait face à une situation professionnelle pouvant être raisonnablement considérée comme dangereuse pour leur santé. Tant que des mesures satisfaisantes ne sont pas prises pour éliminer ce risque imminent qui menace leur vie ou leur santé, nul ne peut les obliger à travailler dans de telles conditions.

Au fur et à mesure que la pandémie de COVID-19 s’est répandue à travers le monde, les gens se sont de plus en plus tournés vers le commerce en ligne, et les commandes chez Amazon ont bondi sur la plupart des marchés de la planète. Cependant, des grèves ou des débrayages ont eu lieu en France, en Italie et à plusieurs endroits aux États-Unis en raison d’inquiétudes concernant les protocoles mis en place face au COVID-19 et les conditions de travail.