Iran. Les peines de prison et de flagellation prononcées contre sept journalistes et militants sont une «injustice scandaleuse»


En réaction aux informations selon lesquelles un tribunal révolutionnaire a condamné le 7 septembre quatre journalistes et trois défenseurs des droits du travail à des peines de prison comprises entre six et 18 ans et, pour l’un d’entre eux, à 74 coups de fouet, pour des accusations absurdes liées à la sécurité nationale, Philip Luther, directeur du programme de recherche et de plaidoyer pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International, a déclaré :

Ces peines scandaleuses sont les dernières d’une longue série infligées par la justice iranienne et témoignent du mépris éhonté des autorités pour les droits des journalistes et des travailleurs.
Philip Luther, directeur du programme de recherche et de plaidoyer pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à Amnesty International

« Ces peines scandaleuses sont les dernières d’une longue série infligées par la justice iranienne et témoignent du mépris éhonté des autorités pour les droits des journalistes et des travailleurs.

Nous demandons aux autorités iraniennes d’annuler ce jugement inique et ces sentences cruelles et de libérer immédiatement et sans condition les sept condamnés.
Philip Luther

« Ces citoyens sont pris pour cibles et sanctionnés parce qu’ils défendent les droits humains et dénoncent les violations de ces droits. Cette grave injustice doit être réparée. Nous demandons aux autorités iraniennes d’annuler ce jugement inique et ces sentences cruelles et de libérer immédiatement et sans condition les sept condamnés.

« La communauté internationale, et particulièrement les États de l’Union européenne qui entretiennent un dialogue avec l’Iran, doivent redoubler d’efforts et engager les autorités iraniennes à cesser de s’en prendre aux journalistes et aux défenseurs des droits humains, et à mettre un terme à leur offensive de plus en plus virulente qui vise à réduire à néant la société civile iranienne. »

Complément d’information

D’après les médias, le 7 septembre, la 28e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran a rendu son verdict contre sept personnes arrêtées au cours de l’année écoulée après avoir participé à des rassemblements pacifiques en faveur des droits des travailleurs, avoir relayé ces événements ou en avoir rendu compte.

Parmi ces personnes figurent les militants des droits du travail Esmail Bakhshi et Sepideh Gholian, arrêtés à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée pour avoir participé à des manifestations pacifiques dénonçant le non-versement des salaires des ouvriers de l’usine de canne à sucre d’Haft Tappeh, dans la province du Khuzestan, et pour avoir déclaré qu’ils avaient été torturés après leur première interpellation en novembre 2018.

Le tribunal a condamné Esmail Bakhshi au total à 13 ans et demi de prison et 74 coups de fouet après l’avoir déclaré coupable de « diffusion d'informations mensongères », « outrage au Guide suprême » et « rassemblement et collusion dans l’intention de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale ». Sepideh Gholian et les journalistes Amirhossein Mohammadifard, Sanaz Alahyari, Asal Mohammadi et Amir Amirgholi ont chacun été condamnés à 18 ans de prison après avoir été reconnus coupables de diverses infractions, notamment d’« appartenance à un groupe formé dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale » en raison de leur travail pour le magazine en ligne Gam, qui aborde des sujets ayant trait à la justice sociale et notamment aux droits du travail, de « propagande contre le régime » et de « diffusion d’informations mensongères ».

En vertu des directives en matière de condamnation en vigueur en Iran, qui disposent que les personnes reconnues coupables d’au moins trois chefs d’accusation doivent purger la peine la plus longue prononcée pour ces accusations, ils devront chacun purger sept années de prison. Pour la même raison, la peine de flagellation visant Esmail Bakhshi ne devrait pas être appliquée.

Le tribunal a condamné le militant des droits du travail Mohammad Khanifar à six ans de prison pour « diffusion de propagande contre le régime » et « rassemblement et collusion dans l’intention de commettre des infractions compromettant la sécurité nationale ».