Afghanistan. Le meurtre d’un défenseur des droits humains est un crime de guerre

Réagissant aux informations selon lesquelles Abdul Samad Amiri, directeur par intérim de la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan dans la province du Ghor, a été enlevé et tué par les talibans, Samira Hamidi, chargée de campagne sur l’Asie du Sud à Amnesty International, a déclaré :

« Cet acte violent est un crime de guerre. Bien que les talibans affirment vouloir la paix, ils continuent de se rendre responsables d’odieux meurtres. Abdul Samad Amiri a consacré sa vie à se battre pour les droits des autres, ceux que personne d’autre ne représente. Nos pensées vont à la famille d’Abdul Samad Amiri et à ses courageux collègues de la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan.

« Ce drame met en lumière les graves menaces auxquelles font face les défenseur·e·s des droits humains en Afghanistan. Menacées par toutes les parties à un conflit qui continue de coûter la vie à des civils chaque jour, ces personnes sont sans défense. Le gouvernement afghan et la communauté internationale doivent leur fournir une protection dont elles ont désespérément besoin et ne doivent pas les abandonner. »

Complément d’information

D’après Shaharzad Akbar, présidente de la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan, Abdul Samad Amiri a été enlevé et abattu par les talibans le 4 septembre 2019, alors qu’il revenait de Kaboul.

En août 2019, Amnesty International a publié un rapport intitulé Defenceless Defenders: Afghanistan's Human Rights Community Under Attack, expliquant qu’en Afghanistan, la communauté des défenseur·e·s des droits humains est confrontée à une multiplication des attaques menées contre elle par les autorités et des groupes armés, les militant·e·s étant en butte à des manœuvres d’intimidation et de harcèlement, à des menaces et à des violences.

Dans le cadre de la campagne Osons le courage, en faveur des défenseur·e·s des droits humains, Amnesty International appelle le gouvernement afghan et la communauté internationale à mettre en place un mécanisme de protection des défenseur·e·s des droits humains efficace dans le pays.