Myanmar. L'armée s'efforce d'«étouffer» les crimes contre l'humanité commis contre les Rohingyas

En réaction aux conclusions publiées le 13 novembre au terme de l’enquête interne menée par l'armée du Myanmar sur les violences perpétrées dans le nord de l'État d'Arakan depuis le 25 août, James Gomez, directeur régional pour l'Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International, a déclaré :

« Une nouvelle fois, l’armée du Myanmar tente de balayer sous le tapis les graves violations des droits humains infligées aux Rohingyas.

« Plus de 600 000 hommes, femmes et enfants ont fui l'État d'Arakan ces derniers mois car ils craignaient pour leur vie. Des éléments accablants indiquent que l'armée a assassiné et violé des Rohingyas et réduit leurs villages en cendres. Au regard des très nombreux récits d'horreurs recueillis et des images satellite analysées permettant de suivre l’évolution des ravages, une conclusion s'impose : ces attaques constituent des crimes contre l'humanité.

Au regard des très nombreux récits d'horreurs recueillis et des images satellite analysées permettant de suivre l’évolution des ravages, une conclusion s'impose : ces attaques constituent des crimes contre l'humanité.
James Gomez, directeur régional pour l'Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International

« L'armée du Myanmar a fait clairement savoir qu'elle ne comptait pas mettre en œuvre l'obligation de rendre des comptes. C'est donc à la communauté internationale d'agir afin de garantir que ces terribles agissements ne restent pas impunis.

« On ne connaîtra pas l'ampleur totale des violations commises contre les Rohingyas et d'autres minorités ethniques tant que la mission d'établissement des faits de l'ONU et d'autres observateurs indépendants ne seront pas autorisés à se rendre librement au Myanmar et en particulier dans l'État d'Arakan. »