Mexique. La multiplication des signalements d’actes de torture révèle une aggravation de la crise des droits humains

L'utilisation de la torture au Mexique a atteint un niveau catastrophique, les cas d’asphyxie, de viol et d’autres violences sexuelles, de torture à l’électricité et de passages à tabac signalés à l’échelon fédéral ayant plus que doublé au cours de l’année écoulée, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport alors que le président Peña Nieto s’apprête à présenter au Congrès un projet de loi sur la torture.

« Il y a un an, il aurait été difficile d’imaginer que la crise de la torture au Mexique puisse empirer, mais c’est arrivé, tandis que le gouvernement continue à fermer les yeux sur une crise qu’il a créée », a déclaré Erika Guevara-Rosas, directrice du bureau régional Amériques d’Amnesty International. 

Il y a un an, il aurait été difficile d’imaginer que la crise de la torture au Mexique puisse empirer, mais c’est arrivé, tandis que le gouvernement continue à fermer les yeux sur une crise qu’il a créée.
Erika Guevara-Rosas, directrice du bureau régional Amériques d’Amnesty International

 

Le nombre de plaintes pour torture déposées au niveau fédéral a plus que doublé entre 2013 et 2014 - passant de 1 165 à 2 403, selon des données fournies par le parquet fédéral du Mexique. Le parquet fédéral a déclaré à Amnesty International ne pas avoir de « données solides » sur d’éventuelles charges retenues en 2014 contre des suspects. 

Malgré la forte augmentation des signalements de torture et de mauvais traitements, le nombre de victimes présumées examinées par des experts médicolégaux officiels a diminué en 2014. Quelque 1 600 demandes d’examen médicolégal pour des cas présumés de torture n’ont pas encore été traitées par le parquet fédéral.  

Le président mexicain, Enrique Peña Nieto, a promis de présenter au Congrès un nouveau projet de loi sur la torture à titre de première étape pour combattre cette crise. Cependant, alors qu’il ne reste plus que trois mois au Congrès pour approuver ce projet de loi, le texte ne lui a toujours pas été présenté.  

Une loi robuste sur la torture, qui débouche sur des actes et garantisse que justice soit rendue, serait une bonne première étape pour que le Mexique sorte de la profonde crise des droits humains dans laquelle il est plongé.
Erika Guevara-Rosas

« Une loi robuste sur la torture, qui débouche sur des actes et garantisse que justice soit rendue, serait une bonne première étape pour que le Mexique sorte de la profonde crise des droits humains dans laquelle il est plongé », a déclaré Erika Guevara-Rosas.