• Nouvelles

Le Japon continue de procéder à des exécutions alors que d'autres pays ont rejeté la peine de mort

Trois hommes ont été exécutés par pendaison au Japon ce mardi 28 juillet, ce qui porte à sept le nombre d'exécutions qui ont eu lieu dans ce pays depuis le début de l'année. Hiroshi Maeue et Yukio Yamaji ont été exécutés à Osaka et Chen Detong, ressortissant chinois, a lui été exécuté à Tokyo. De plus en plus de pays cessent d'utiliser la peine capitale en tant que châtiment suprême. Plus de 70 % des pays ont instauré un moratoire sur les exécutions ou aboli la peine de mort. Mais au Japon le nombre d'exécutions continue d'augmenter. « La Corée du Sud n'a procédé à aucune exécution au cours des dix dernières années. À Taiwan, aucune exécution n'a eu lieu depuis trois ans. Mais au Japon le nombre d'exécutions continue d'augmenter, ce qui place le pays à contre-courant de la tendance internationale qui est à l'abandon de la peine de mort, a expliqué Martin Macpherson, directeur du programme Droit international et Organisations internationales d'Amnesty International. « De nombreux pays ont démontré qu'il est possible de lutter contre les crimes graves sans recourir à la peine capitale, et rien ne prouve que la peine de mort a un effet plus dissuasif que la peine de réclusion à perpétuité », a expliqué Martin Macpherson. Le Japon a récemment mis en place un système de juges non professionnels qui fait participer de simples citoyens aux décisions de justice dans les affaires pénales graves, y compris dans celles où la peine de mort est requise. Ces jurés siègeront aux côtés de juges professionnels avec lesquels ils auront à décider de la culpabilité ou de l'innocence des accusés et de la peine à infliger. Ce nouveau système sera appliqué à partir du 3 août de cette année. « La mise en place de ce nouveau système incluant des juges non professionnels offre au Japon l'occasion de revoir sa législation relative à la peine capitale et de mettre immédiatement fin aux exécutions, conformément à la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU qui appelle à un moratoire sur la peine de mort », a ajouté Martin Macpherson. Au Japon, les condamnés sont exécutés par pendaison, généralement dans le plus grand secret. Dans la plupart des cas, ils ne sont informés du moment fixé pour leur exécution que quelques heures avant leur mise à mort ; il arrive cependant qu'ils ne soient pas prévenus du tout. Les condamnés qui ont épuisé toutes les voies de recours savent qu'ils peuvent être exécutés à tout moment. Les familles ne sont en général averties qu'une fois que l'exécution a eu lieu. L'avocat de Chen Detong a fait valoir auprès de la Cour suprême que ce dernier était atteint d'une maladie mentale (« quasi dément ») au moment où il a commis le crime. La législation japonaise prévoit en effet une réduction de peine dans les cas où l'accusé ou la personne déclarée coupable présentait des capacités ou des compétences amoindries au moment du crime, durant la procédure judiciaire ou au moment de l'exécution. La Cour suprême a cependant confirmé lundi sa condamnation à la peine capitale. Hiroshi Maeue et Yukio Yamaji avaient tous deux renoncé à exercer un recours devant la haute cour. Amnesty International avait lancé une action urgente en leur faveur le 27 février 2009. Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine capitale car elle constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu'une violation du droit à la vie. Ce châtiment est irrévocable alors qu'il existe toujours un risque d'erreur judiciaire. La peine de mort est en outre un châtiment fondamentalement arbitraire qui frappe de manière disproportionnée les plus démunis, les membres de minorités et les personnes marginalisées.