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Les autorités honduriennes doivent respecter l'état de droit et les droits humains

Les manifestations s'intensifient au Honduras et il est signalé que des protestataires ont été roués de coups. Isis Obed Murillo, un jeune manifestant de dix-neuf ans, est mort dimanche des suites de blessures par balle. Amnesty International a exhorté les autorités honduriennes à veiller sans délai à ce que l'armée et la police fassent preuve de modération lors des manifestations. L'organisation a rappelé qu'elles ne doivent utiliser des armes à feu qu'en dernier ressort et lorsque cela est absolument nécessaire pour protéger des vies. « Lors des opérations de maintien de l'ordre, l'armée et la police doivent respecter les droits humains et veiller à utiliser la force de manière proportionnée et dans le respect des normes des Nations unies, a souligné Kerrie Howard, du programme Amériques d'Amnesty International. Les gens doivent pouvoir manifester pacifiquement sans craindre d'être blessés ou emprisonnés à tort. » Il a également été signalé que six manifestants ont été arrêtés à El Progreso, puis remis en liberté sous caution après avoir été inculpés de rébellion. Amnesty International a indiqué que, selon elle, ces personnes ne faisaient que protester pacifiquement et qu'elles ont été inculpées uniquement dans le but de les punir pour avoir pris part au mouvement de protestation. Si l'on en croit de récentes informations, des journalistes qui couvraient les manifestations ont été victimes de manœuvres d'intimidation. Amnesty International a également reçu des informations faisant état d'attaques contre des stations de radio nationales et locales. Une grenade a été découverte dans les locaux de Radio América, et une radio locale a dû cesser d'émettre après que ses locaux eurent été visés par des tirs d'arme à feu (une quinzaine au moins). Craignant pour leur sécurité, des organes de la presse audiovisuelle ont suspendu leurs activités. Amnesty International a demandé aux autorités d'ouvrir une enquête sur ces attaques et de faire en sorte que les médias et les journalistes puissent effectuer leur travail ouvertement, sans danger ni craintes pour leur sécurité. « La déposition par la force du président Zelaya fait courir de graves risques aux droits humains et à l'état de droit », a affirmé Kerrie Howard. Amnesty International demande instamment que le président hondurien, Manuel Zelaya, ait la possibilité de revenir au Honduras immédiatement, sans condition et en toute sécurité. L'organisation estime par ailleurs que le récent décret présidentiel instaurant officiellement l'état d'urgence, avec imposition d'un couvre-feu et suspension de certaines libertés et garanties individuelles, pourrait donner lieu, s'il est appliqué de manière abusive, à de nouvelles violations des droits humains. Conformément à un avis consultatif de la Cour interaméricaine des droits de l'homme, le Honduras reste dans l'obligation stricte, malgré les circonstances exceptionnelles, de protéger le droit à la vie, le droit à l'intégrité physique et le droit de ne pas être soumis à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements ; il doit aussi mettre en œuvre les garanties judiciaires essentielles pour la protection de ces droits, en particulier l'habeas corpus (procédure permettant la comparution immédiate d'un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté). Le président du Honduras, Manuel Zelaya, a été arrêté le 28 juin par des militaires honduriens et contraint à l'exil. Les autorités de facto du pays ont refusé d'accorder au président Zelaya la permission de rentrer au Honduras, et le 5 juillet son avion n'a pas été autorisé à se poser à l'aéroport de Tegucigalpa. Le pays est le théâtre depuis le coup d'État d'importants troubles, avec de fréquents heurts entre l'armée et les civils qui protestent. L'Organisation des États américains, qui regroupe les nations du continent américain, a exclu le Honduras de ses rangs en raison du coup d'État et du refus de ceux qui détiennent actuellement le pouvoir de participer au processus diplomatique visant à trouver une solution négociée à la crise. La déposition par la force du président Zelaya et son expulsion du pays ont été très largement condamnés au niveau international, et les représentants diplomatiques de pays de l'Union européenne en poste à Tegucigalpa, la capitale hondurienne, ont été rappelés dans leur pays.