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Zimbabwe : la détention des deux militantes de WOZA est prolongée

La détention de deux militantes de Women of Zimbabwe Arise (WOZA, Femmes du Zimbabwe, debout !) a été prolongée jusqu'à vendredi. Une audition concernant leur remise en liberté sous caution a eu lieu mardi en leur absence. Les autorités ont prétendu qu'il n'y avait pas de transport disponible pour les emmener au tribunal. Jenni Williams et Magodonga Mahlangu ont été arrêtées le 16 octobre. Elle sont détenues dans une prison de Bulawayo. Elles ont été arrêtées arbitrairement après avoir participé à une manifestation pacifique à l'extérieur des bâtiments gouvernementaux de Mhlahlandlela (Bulawayo). Les manifestants exigeaient un accès immédiat à l'aide alimentaire au Zimbabwe. La police a recouru à une force excessive pour disperser la manifestation, qui rassemblait quelque 200 militants de WOZA. Au cours de l'arrestation, les policiers ont battu Magodonga Mahlangu, qui souffrirait toujours de ce passage à tabac. Jenni Williams et Magodonga Mahlangu ont été détenues illégalement toute une nuit au poste de police de Bulawayo, avant d'être transférées à la prison le 17 octobre. Le tribunal de Bulawayo a décidé de placer ces deux femmes en détention provisoire jusqu'à mardi, jour de l'audience qui a eu lieu en leur absence. Le tribunal a ensuite réservé son jugement sur leur remise en liberté sous caution jusqu'au vendredi 24 octobre. Elles ont été accusées d'avoir « porté atteinte à la paix, à la sécurité ou à l'ordre public » au titre de la section 37 de la Loi relative à la codification et à la réforme du droit pénal. Amnesty International a demandé aux autorités zimbabwéennes la libération immédiate et sans condition de Jenni Williams et Magodonga Mahlangu, étant donné qu'elles sont détenues uniquement pour avoir exercé de manière pacifique leur droit à la liberté d'association et de réunion. L'organisation a également exprimé ses préoccupations pour la sécurité de ces femmes, au vu du lourd passif du Zimbabwe en matière de tortures et mauvais traitements infligés aux défenseurs des droits humains en détention. « Au Zimbabwe, les défenseurs des droits humains ont subi à maintes reprises des tortures, des mauvais traitements et des menaces en cours de détention, a expliqué Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d'Amnesty International. Ils ont aussi été privés de nourriture, de soins médicaux, de l'assistance d'un avocat, de la visite de leur famille, de couvertures chaudes, et de produits sanitaires adaptés pour les femmes. » Des membres de WOZA ont déjà été maltraités alors qu'ils se trouvaient en détention provisoire. « Amnesty International considère Jenni Williams et Magodonga Mahlangu comme des prisonnières d'opinion. Leur arrestation fait partie de la vague de répression du gouvernement zimbabwéen à l'encontre des défenseurs des droits humains qui font campagne pour dénoncer les souffrances de la population. » Jenni Williams et Magodonga Mahlangu avaient déjà été arrêtées en mai 2008. Elle avaient passé trente-sept jours en détention provisoire.