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Au Zimbabwe, les élections sont marquées par la violence et l’intimidation

Au Zimbabwe, le scrutin de vendredi a été marqué par une campagne de violence et d'intimidation qui a commencé à l’approche de l’élection présidentielle. Amnesty International a exprimé sa vive préoccupation face à cette campagne, qui s'inscrit dans le cadre d'une stratégie délibérée du gouvernement du Zimbabwe pour que Robert Mugabe gagne l’élection. Les autorités ont décidé de maintenir le scrutin contre l’avis de la communauté internationale, qui avait demandé à plusieurs reprises son report pour permettre une amélioration des conditions de sécurité dans le pays. Des milliers de sympathisants présumés du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) ont été harcelés et menacés, partout au Zimbabwe. « L’élection d’aujourd’hui se déroule sur fond d’homicides, de tortures et d’agressions à l’encontre des personnes soupçonnées de soutenir l'opposition. Cela fait beaucoup trop longtemps que le Zimbabwe est autorisé à agir en dehors du cadre des droits humains fixé par l'Union africaine et les Nations unies, a déclaré Amnesty International. « Il est grand temps que se manifeste une réelle solidarité africaine et internationale envers les victimes de violations des droits humains au Zimbabwe. La population ne doit pas être laissée seule face à cette violence. » Les sympathisants – réels ou présumés – du MDC ont fait l’objet d’arrestations et de détentions arbitraires. Le MDC estime que 2 000 de ses membres sont en garde à vue. Parmi les détenus politiques, on comptait le secrétaire général du parti, M. Tendai Biti, qui a été libéré le 26 juin après avoir été arrêté le 12 juin. Il était accusé de trahison. Plus de 80 personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi les élections. La plupart étaient des sympathisants du MDC. Des « vétérans de guerre » ont installé des « bases » informelles dans des zones rurales et urbaines à partir desquelles ils planifient leurs attaques contre les sympathisants présumés du MDC. Ils organisent des séances de « rééducation » qui consistent à gravement violenter ces personnes, afin de donner une « leçon » aux autres. Des femmes, des enfants et des personnes âgées étaient au nombre des victimes. Les services de sécurité de l’État, comme la police et l’armée, servent à faire appliquer un programme partisan, ce qui compromet sérieusement leur responsabilité constitutionnelle en matière de protection des droits humains de tous les Zimbabwéens. D’autres opposants présumés, notamment des défenseurs des droits humains et des avocats, ont également été visés. Un certain nombre d'avocats ont dû fuir le pays parce qu'ils craignaient pour leur vie et la sécurité de leur famille. Des défenseurs des droits humains, notamment les membres de Femmes du Zimbabwe, debout ! (WOZA), ont été arrêtés arbitrairement et leur libération sous caution a été refusée, alors qu’ils avaient simplement exercé leur droit de manifester pacifiquement. « Ceux qui militent en faveur du respect des droits humains, comme Jenni Williams et Magodonga Mahlangu, de WOZA, croupissent en prison simplement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de manifestation pacifique, a déclaré Amnesty International. Pendant ce temps, les meurtriers, les tortionnaires et les autres auteurs de violations des droits humains sont laissés libres de commettre de nouvelles violences en toute impunité. »