Arabie saoudite. Libérez immédiatement les défenseures des droits des femmes !


Cela fait plus de deux ans que les autorités saoudiennes ont arrêté Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan, Aziza al Yousef, Samar Badawi, Nassima al Sada et d’autres militantes saoudiennes simplement parce qu’elles ont demandé l’égalité et défendu les droits humains dans le royaume.

Elles étaient pour la plupart à la tête de la campagne menée ces dernières années pour faire lever l’interdiction de conduire imposée aux femmes. En juin 2018, l’interdiction a été levée, mais celles qui se sont battues pour obtenir le droit de conduire n’ont toujours pas pu s’asseoir derrière le volant en toute légalité. Au lieu de cela, elles se retrouvent dans des cellules de prison, derrière les barreaux.

Au cours de leurs trois premiers mois de leur détention, plusieurs militantes ont été victimes de torture, de violences sexuelles et d’autres formes de mauvais traitement, alors qu’elles étaient mises au secret et à l’isolement sans pouvoir entrer en contact avec leur famille ou avec un avocat. Nassima al Sada a été placée à l’isolement pendant environ un an à la prison al Mabahith à Dammam.

Le 13 mars 2019, Loujain al Hathloul, Iman al Nafjan et Aziza al Yousef ont comparu, avec 8 autres militantes, devant le tribunal pénal de Riyadh. Les diplomates et les journalistes n’ont pas pu assister à l’audience, qui s’est tenue à huis clos. Plusieurs militantes ont été poursuivies pour avoir été en contact avec la presse étrangère, avec d’autres militant·e·s et avec des organisations internationales, dont Amnesty International. Certaines ont également été accusées d’avoir défendu les droits des femmes et demandé l’abandon du système de tutelle masculine.

À l’issue de l’audience, Iman al Nafjan, Aziza al Yousef et quelques autres militantes, dont Ruqayyah al Muharib, Amal al Harbi, Hatoon al Fassi, Abir al Namankani et Maysaa al Manea, ont bénéficié d’une libération provisoire et conditionnelle. Toutefois, elles doivent encore être jugées et risquent toujours d’être condamnées à des peines de prison. En juillet, Nassima al Sada et Samar Badawi ont également comparu devant la justice pour répondre d’accusations similaires liées à leur militantisme.

Alors que le procès était interrompu depuis mai 2019, les autorités ont décidé le 30 janvier 2020 la reprise des audiences des militantes saoudiennes. Un certain nombre de diplomates étrangers n’ont pas été autorisés à y assister, notamment des représentants de Belgique, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Norvège, d’Australie et de l’Union européenne.

Loujain al Hathloul, Samar Badawi, Nassima al Sada ainsi que deux autres défenseures des droits des femmes sont toujours derrière les barreaux, loin de leurs proches. Elles doivent être libérées immédiatement et sans condition afin de pouvoir poursuivre leur action pacifique en faveur des droits humains, pour un avenir meilleur pour leur pays et sa population.

Le roi Salman bin Abdulaziz al Saoud et le prince héritier Mohammed Ben Salman ont lancé des réformes sociales et économiques dans le royaume. Mais celles-ci ne peuvent pas occulter les atteintes aux droits humains qui y sont commises actuellement ni la répression violente exercée contre les militant·e·s qui défendent ces droits et toute personne qui ose exprimer une opinion indépendante. Aucun changement véritable ne se fera sans la participation de celles et ceux qui sont à la tête de ce combat, et il ne se fera en aucun cas contre ces personnes.

Ces femmes sont des visionnaires et des moteurs du changement en Arabie saoudite. Elles ne peuvent pas être punies pour leur action ! Les autorités doivent également abandonner toutes les charges qui pèsent sur elles. Demandez au roi Salman de les libérer immédiatement !

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Quelques portraits de militantes des droits des femmes placées en détention

Loujain al Hathloul

Loujain al Hathloul est l’une des plus ferventes défenseures des droits des femmes en Arabie Saoudite. Elle est connue pour son travail de campagne contre l’interdiction de conduire et en faveur de l’abandon du système de tutelle masculine. En 2014, elle a été détenue pendant 73 jours après avoir tenté de se rendre au volant d’une voiture en Arabie saoudite depuis les Émirats arabes unis. Elle s’est présentée à une élection en novembre 2015 en Arabie saoudite ; c’était la première fois que les femmes avaient le droit à la fois de voter et d’être candidates à une élection dans le pays. Pourtant, alors qu’elle avait été reconnue officiellement candidate, son nom n’a jamais été reporté sur les bulletins.

Lorsque Loujain al Hathloul a comparu à sa première audience, le 13 mars 2019, elle était incarcérée sans inculpation ni jugement par les autorités saoudiennes depuis le 17 mai 2018. Loujain al Hathloul a été soumise à de longues périodes d’isolement entre 2019 et 2020. Elle reste en détention jusqu’à la prochaine audience.

Iman al Nafjan

Iman al Nafjan est une militante, blogueuse, enseignante en linguistique et mère de quatre enfants. C’est l’une des figures emblématiques de la lutte pour le droit des femmes de conduire et pour la suppression du système de tutelle masculine en Arabie saoudite. En 2013, elle a bravé l’interdiction de conduire. Elle a souvent été harcelée en raison de son travail en faveur des droits humains.

Lorsque Iman al Nafjan a comparu à sa première audience, le 13 mars 2019, elle était incarcérée sans inculpation ni jugement depuis le 17 mai 2018. Le 28 mars, Iman al Nafjan a été mise en liberté provisoire ; toutefois, elle est toujours poursuivie pour des faits liés à son travail en faveur des droits humains, et elle reste donc passible d’une longue peine de prison.

Aziza al Yousef

Aziza al Yousef est une militante, enseignante à la retraite, mère de cinq enfants et grand-mère de huit petits-enfants. Éminente défenseure des droits des femmes, elle œuvre sans relâche en faveur de ces droits en Arabie Saoudite. Elle a bravé l’interdiction de conduire à maintes reprises et a souvent été harcelée et interrogée en raison de son travail de défense des droits humains. En 2016, elle a remis à la Cour royale une pétition signée par 15 000 personnes, qui demandait la fin du système de tutelle masculine.

Lorsque Aziza al Yousef a comparu à sa première audience, le 13 mars 2019, elle était incarcérée sans inculpation ni jugement depuis le 17 mai 2018. Le 29 mars, elle a été libérée à titre provisoire ; toutefois, elle est toujours poursuivie pour des faits liés à son travail en faveur des droits humains, et elle reste donc passible d’une longue peine de prison.

Samar Badawi

Samar Badawi, militante et mère de deux enfants, a souvent été prise pour cible et interrogée par les autorités saoudiennes en raison de ses activités militantes en faveur des droits humains. En 2014, elle a fait l’objet d’une interdiction de voyager, avant d’être arrêtée en 2016. Samar Badawi est la sœur du blogueur Raif Badawi, condamné à 10 ans de prison et à 1 000 coups de fouet pour avoir créé un site Internet dédié au débat public.

Lorsqu’elle a comparu à sa première audience, en juin 2019, Samar Badawi était incarcérée sans inculpation ni jugement par les autorités saoudiennes depuis juillet 2018. Elle reste en détention jusqu’à la prochaine audience.

Nassima al Sada

Nassima al Sada, militante, éducatrice aux droits humains et mère de trois enfants, fait campagne en faveur des droits civils et politiques, des droits des femmes et des droits de la minorité chiite dans la province de l’Est, en Arabie saoudite, depuis des années. Elle s’est présentée aux élections municipales en 2015, mais sa candidature a été rejetée. Elle a également milité pour que les femmes aient le droit de conduire et que le système de tutelle masculine soit aboli.

Nassima al Sada est maintenue en détention depuis juillet 2018 sans inculpation ni jugement et a été placée à l’isolement entre février 2019 et le début de l’année 2020.

Lorsqu’elle a comparu à sa première audience, en juin 2019, Nassima al Sada était incarcérée sans inculpation ni jugement par les autorités saoudiennes depuis juillet 2018. Elle reste en détention jusqu’à la prochaine audience.

Voici ce que vous pouvez faire :

Agissez maintenant !

Dites au roi Salman qu’il doit libérer immédiatement et sans condition tou·te·s les militant·e·s incarcéré·e·s

Signez notre pétition

 Écrivez aux autorités saoudiennes pour leur demander de :

  • libérer sans attendre et sans condition les défenseur·e·s des droits humains placés en détention uniquement en raison de leurs activités, pourtant pacifiques, en faveur des droits humains, car ce sont des prisonniers et des prisonnières d’opinion ;
  • veiller à ce que les charges retenues contre l’ensemble des 13 défenseures des droits humains et militantes saoudiennes poursuivies en raison de leur travail de défense des droits des femmes soient abandonnées ;
  • autoriser les diplomates étrangers et les journalistes à assister aux audiences.

Envoyez vos appels par courrier, fax, courriel ou Twitter aux autorités saoudiennes :

Roi d’Arabie saoudite et Premier ministre

His Majesty King Salman bin Abdul Aziz Al Saud
The Custodian of the two Holy Mosques
Office of His Majesty the King
Royal Court, Riyadh
Arabie saoudite

Fax : (via le ministère de l’Intérieur)
+966 11 403 3125 (merci de faire preuve de persévérance)
Compte Twitter : @KingSalman
Formule d’appel : Your Majesty, / Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Présidence de la sécurité de l’État

His Excellency General Abdul Aziz Mohammed Al-Howairini
Olaya Secondary Street
Olaya Riyadh 12611 8408
Arabie saoudite

Fax : +966 11 412 5555
Formule d’appel : Your Excellency, / Général,

Copies à :

Président de la Commission des droits humains
His Excellency Awad al-Awad
Human Rights Commission
Northern Ring Road, Riyadh 11515
Arabie saoudite
PO Box 58889

Tél : 0114185100
Fax : +966 11 418 5101
Courriel : info@hrc.gov.sa
Compte Twitter de la Commission : @HRCSaudi_EN
Compte Twitter du président de la Commission : @AwwadSAlawwad
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,