Tunisie. Le combat en faveur de l’obligation de rendre des comptes doit continuer

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© Amnesty International / Callum Francis Redfern

Il ne reste que quelques mois aux victimes de graves violations des droits humains pour obtenir justice et voir l’obligation de rendre des comptes respectée.

L’instance Vérité et Dignité (IVD) a été créée en 2014 en vue de traiter les violations des droits humains commises pendant cinquante ans en Tunisie. Les victimes de graves violations des droits humains attendent que les responsables soient poursuivis et que justice soit rendue et que le gouvernement s’engage à prévenir de nouvelles violations.

Plus de 62 000 victimes de violations des droits humains comptent sur l’IVD pour obtenir justice pour les crimes qui sont restés impunis pendant des décennies. En mars 2018, l’instance a commencé à transmettre des dossiers aux chambres criminelles spécialisées.

Mais depuis la création de ce mécanisme, les autorités tunisiennes n’ont cessé d’essayer d’entraver son travail. Des organismes publics ont refusé d’autoriser l’IVD à accéder aux archives de la police et de l’armée et le Parlement a menacé de mettre fin au travail de l’IVD lors d’un vote très contesté.

Bien que le gouvernement se soit récemment engagé à accorder à l’instance le temps nécessaire pour finaliser son travail, il n’existe pas de garanties suffisantes permettant d’assurer que les procès se dérouleront de manière indépendante et transparente, sans obstruction et sans pression.

Ridha Barakati, dont le frère Nabil a été tué par les forces de sécurité en 1987 :
Nos blessures ne pourront pas se refermer si nous n’obtenons pas justice pour Nabil.

Les chiffres de la justice

+ de 62 000

victimes attendent d’obtenir vérité et justice.

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dossiers ont été transmis par l’IVD aux chambres criminelles spécialisées jusque-là.

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procès a commencé.

Dites aux autorités tunisiennes

de permettre à l’IVD de continuer son travail.